Système immunitaire: avantage au bio?

Le 15 novembre 2012 par Romain Loury
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Le mystère de la carotte bio.
Le mystère de la carotte bio.

Les carottes bio seraient plus efficaces que les conventionnelles pour stimuler le système immunitaire de l’intestin, suggère une étude italienne publiée dans le Journal of the Science of Food and Agriculture. Au-delà des dangers supposés des pesticides, les mérites nutritionnels du bio et du conventionnel font aussi débat. Publiée en septembre, la dernière grande étude à ce sujet n’a montré aucune différence notable, que ce soit en termes de vitamines, de lipides ou de protéines, des résultats mis en doute par les adeptes du bio (voir le JDLE.

Quant aux études traitant non pas du profil nutritionnel, mais d’effets directs sur la santé, elles sont plutôt rares. Celle que viennent de publier Marianna Roselli, de l’Institut national de recherche sur les aliments et la nutrition (INRAN) de Rome, et ses collègues est même une première: conduite sur des souris, elle s’intéresse au tissu lymphoïde associé à l’intestin, jusqu’alors inexploré par ce type de recherche. Disséminé dans la muqueuse intestinale, ce système immunitaire spécifique, le premier à entrer au contact des aliments, constitue une ligne de défense avancée contre les pathogènes et les agents environnementaux toxiques.

Comme le système sanguin, il comprend entre autres des lymphocytes B et T, dont des T régulateurs -modérateurs de la réponse immune, cruciaux au bon fonctionnement immunitaire. Après 30 jours de carottes, les souris nourries au bio présentent une meilleure stimulation du système intestinal, mais aussi sanguin, avec une expansion des lymphocytes T régulateurs.

Aucune différence en termes de cytokines inflammatoires, rassurent les chercheurs, signe selon eux d’une absence de contamination des carottes bio par des pathogènes, malgré l’absence de pesticides. Afin d’éviter toute variation liée aux conditions locales de culture, l’équipe a utilisé trois variétés de carottes d’origine différente -l’île de Fyn (Danemark) et Fiumicino (près de Rome)-, récoltées sur deux années consécutives (2008, 2009).

Surprise, l’année influait plus que le mode de culture sur les résultats immunitaires: le bénéfice des carottes bio était ainsi moins marqué en 2009, année de mauvaises conditions climatiques pour l’agriculture italienne, notent les chercheurs. Reste à découvrir quels composés sous-tendraient ce bénéfice supposé du bio. Probablement pas les caroténoïdes, selon les chercheurs: ces molécules abondantes dans la carotte, dont plusieurs travaux ont montré l’action sur le système immunitaire, ne sont pas plus présentes dans les légumes bio que dans les conventionnels.



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