Sus au plastique dans les cantines strasbourgeoises!

Le 25 octobre 2016 par Marine Jobert
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Les cantines strasbourgeoises, pionnières?
Les cantines strasbourgeoises, pionnières?

Des parents d’élèves déclarent la guerre aux barquettes en plastique utilisées pour réchauffer les repas servis dans les cantines de Strasbourg, qu’ils suspectent de relarguer des substances toxiques. La ville assure qu’elle va revenir à l’inox, sans trancher sur la réalité des risques sanitaires.

Réchauffer des repas destinés à de jeunes enfants dans des barquettes en plastique, est-ce bon pour la santé? C’est la question angoissée posée par des parents strasbourgeois, inquiets que les repas proposés aux quelque 11.000 enfants de la ville passent 45 minutes au four, emballés dans des récipients operculés, avant d’atterrir sur les tables. A quelques jours du renouvellement du marché public pour la restauration scolaire pour la rentrée 2017, un collectif de parents publie une lettre ouverte pour alerter les élus sur les conséquences sanitaires du dispositif actuel.

Perturbateurs endocriniens dans la purée

«Nous demandons à notre ville de prendre en compte les risques liés aux perturbateurs endocriniens et substances éventuelles, qui migrent de l'emballage vers les aliments. On sait de nos jours qu'il y a toujours une migration de substances, même faible et en deçà des valeurs règlementaires», écrivent les parents d’élèves, issus de près de 22 écoles maternelles et jardins d’enfants de la capitale alsacienne. «C'est une question de santé publique. Nos enfants mangent chaque jour à la cantine et durant des années. Nous savons bien que ce n’est pas la quantité qui pose problème, mais la durée de l’exposition et la répétitivité.»

Secrets de fabrication

«Le fabricant garantit que ces barquettes sont sans bisphénol A et sans phtalate, précise Ludivine Quintallet, une mère d’élève. Mais l’on sait que les plastiques, même ceux ‘aux normes’ relarguent toujours des substances.» Les parents n’ont pas fait réaliser d’analyses des repas à la recherche de molécules suspectes. «Il faudrait disposer des secrets de fabrication de la barquette pour savoir quoi chercher!», fait remarquer la mère de famille. «Ces parents se posent une bonne question, estime Pierre Souvet, le président de l'association santé environnement France (AESF). Le chauffage favorise la migration des contenants vers le contenu. Dans l'incertitude sur la composition des plastiques, il serait dangereux de faire migrer du bisphénol S ou du styrène dans les aliments.»

Début octobre, les eurodéputés ont adopté à une large majorité un rapport qui propose d’harmoniser la réglementation applicable aux matériaux destinés à entrer en contact avec l’alimentation. Objectifs: assurer une meilleure circulation des marchandises et assurer la même protection à tous les Européens, puisque seulement 4 des 17 substances utilisées dans les contenants alimentaires sont règlementées par Bruxelles.

Moins de déchets

La solution proposée par les parents, c’est de revenir à l’inox pour réchauffer ces repas, qui sont fabriqués dans la ville voisine de Schiltigheim. L’occasion, souligne les signataires, de se mettre en cohérence avec les engagements du projet ‘territoire zéro déchet, zéro gaspillage’, dont la ville de Strasbourg a été lauréate l’an passé, qui implique une réduction de ses déchets au-delà de 7% sur les trois prochaines années. La démarche est d’ailleurs soutenue par l’association Zéro Waste France et son antenne locale.

Le retour de l’inox

A la mairie, on assure que les bacs en inox ont bien fait leur retour dans le cahier des charges, qui va prochainement être dévoilé. Mais sans paraître tout à fait convaincu de la pertinence de la démarche des parents, puisque les contenants alimentaires sont «aux normes». «Il y a une vraie sensibilité sur des sujets comme ça, quitte à passer à côté d’autres sujets. Je ne pense pas que l’on soit face à un risque de santé publique majeure, indique Françoise Buffet, l’élue en charge de l’éducation. Mais on apportera une réponse: cette inquiétude est légitime et on n’a pas à prendre de risque.» L’élue fait remarquer qu’il n’existerait pas de bacs en inox d’un format adapté aux frigidaires et aux fours installés aujourd’hui dans les cantines de la ville. «Mais s’il le faut, on changera les matériels», assure-t-elle, envisageant de faire notamment dialoguer l’un des parents, chimiste de profession, avec un expert du sujet. «Le fait que l'utilisation de barquettes en plastique soit autorisée avec des certificats de conformité du fabricant ne constitue pas forcément une pratique saine pour la santé des enfants: bien souvent la législation est en retard sur les problématiques de santé.» Les parents d’élèves seront reçus au retour des vacances de la Toussaint.

 



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