Surveillance renforcée pour le virus de Schmallenberg

Le 29 février 2012 par Romain Loury
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La Direction générale de l’alimentation (DGAL) a revu son plan de surveillance du virus de Schmallenberg (SBV), transmis aux ruminants par les moucherons et qui continue à s’étendre en France et en Europe.

Et il s’y étend à une vitesse soutenue: après les premiers cas français rapportés fin janvier, le bilan au 23 février (http://www.survepi.org/cerepi/) s’élève à 28 départements touchés et 277 élevages, dont 268 d’ovins, 8 de bovins et 1 de caprins [1]. Une situation assez inquiétante pour que la DGAL ait décidé de réactualiser son plan de surveillance, dans une circulaire (http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN20128044Z.pdf) publiée au Bulletin officiel.

En cas de suspicion, à savoir tout fœtus ou nouveau-né présentant des malformations ou troubles neurologiques, la DGAL prévoit l’envoi d’un prélèvement d’encéphale au Laboratoire de santé animale (LSAn) de Maisons-Alfort [2]. Le virus y est recherché par la technique de RT-PCR, qui permet d’identifier la présence du virus par son ARN.

Si un tel échantillon ne peut être fourni, la DGAL propose de prélever du sang de la mère en vue d’une confirmation sérologique ultérieure. Un examen pour l’instant impossible, car l’on ne connaît pas la nature des anticorps dirigés contre le virus.

En vue d’un suivi épidémiologique, ces cas suspects, qu’ils soient confirmés ou non, devront être saisis dans la base de données Sigal par les directions départementales en charge de la protection des populations (DDPP).

Une fois le cas suspect confirmé, la DGAL estime qu’«en l’absence de mesures de police sanitaire spécifique, aucun APDI [arrêté portant déclaration d’infection] ne sera pris à ce stade dans les exploitations atteintes de SBV».

La direction prévoit par ailleurs deux études épidémiologiques «afin de mieux caractériser la maladie». Pilotée par la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), la première, rétrospective, visera à savoir si des cas inaperçus seraient survenus au cours de l’été et de l’automne 2011.

Quant à la deuxième étude, conduite par GDS France (qui fédère les groupements de défense sanitaire), son objectif est de mieux connaître la proportion d’animaux atteints et de décrire les troubles et malformations. Elle aura lieu en deux temps: «le plus tôt possible après la confirmation de l’infection, puis en fin de période de mise-bas pour faire le bilan global des conséquences».

Si la DGAL ne fixe aucune restriction particulière aux élevages suspects ou touchés, elle rappelle que «d’une façon générale, les animaux malades ne doivent pas être déplacés». La maladie, qui semble épargner l’homme et ne poserait pas de danger alimentaire, ne dispose à ce jour d’aucun traitement ni vaccin, lesquels sont actuellement en cours de recherche.

[1] Au niveau européen, l’Allemagne, où le virus a été découvert en novembre dernier, reste la plus touchée (718 élevages au 23 février). La France arrive en deuxième position, suivie par la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Le virus a également été détecté dans un élevage ovin luxembourgeois et dans un élevage caprin italien.

[2] Dès que des kits commerciaux seront disponibles, l’analyse sera confiée à des laboratoires départementaux.

 



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