Surpoids: des inégalités sur le lieu de courses

Le 18 avril 2012 par Romain Loury
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Des chercheurs ont trouvé un lien entre le type de magasin et l'IMC
Des chercheurs ont trouvé un lien entre le type de magasin et l'IMC

Les personnes faisant leurs courses dans les magasins de type hard discount ont plus de risques de surpoids, démontre une étude française (1) publiée dans la revue PLoS ONE.

«Aux Etats-Unis, il existe de nombreuses études sur les relations entre l’environnement alimentaire et les comportements alimentaires, mais en France nous manquons de données probantes», constate Basile Chaix, de l’unité Inserm U707 («Epidémiologie, systèmes d’information, modélisation») à l’université Pierre et Marie Curie (Paris), dans un communiqué de l’Inserm.

Au lieu d’utiliser la zone de résidence comme environnement alimentaire, Basile Chaix et ses collègues ont directement étudié le lieu principal de courses, selon son type (supermarché, hypermarché, hard discount, etc.) et le nom de l’enseigne. Une distinction qui s’avère utile: seuls 11,4% des Français qu’ils ont interrogés font leurs courses dans leur voisinage.

Menée sur 7.131 personnes vivant dans 10 quartiers parisiens et 111 villes de banlieue, cette étude, intitulée Record, révèle une association entre la corpulence et le lieu de courses. «Les personnes faisant leurs courses dans le même supermarché ont un IMC[1] et un tour de taille plus comparables que ceux de personnes se rendant ailleurs», même en tenant compte du lieu de résidence, expliquent les chercheurs.

C’est dans les magasins hard discount que l’IMC est le plus élevé, supérieur de 0,7 kg/m2 par rapport aux supermarchés de villes, les hypermarchés se trouvant en situation intermédiaire; quant aux magasins bio, l’IMC y est plus faible de 2,1 kg/m2. C’est chez Cora et Lidl qu’on est plus gros, avec des IMC supérieurs de 1,6 et 1,2 kg/m2 par rapport à Monoprix.

L’interprétation de ces résultats demeure difficile: faut-il y voir un lien de causalité (du style «les hard discounts font grossir») ou le simple effet de différences sociales, voire les deux? Pour les chercheurs, rien ne permet de trancher, même si tous leurs chiffres ont été ajustés sur le niveau socio-économique.

Seule certitude: «Que ce lien soit causal ou non, cette étude montre que les supermarchés constituent un lieu potentiellement pertinent pour développer des interventions (diffusion de messages nutritionnels ou autres actions de santé publique) et permet d’identifier ceux dans lesquels de telles interventions sont plus particulièrement utiles pour s’attaquer à l’épidémie d’obésité et sa distribution inégalitaire», commente Basile Chaix.

(1) http://www.plosone.org/article/fetchObjectAttachment.action?uri=info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0032908&representation=PDF



[1] IMC: indice de masse corporelle

 



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