Surpêche et climat se liguent contre la morue

Le 02 novembre 2015 par Romain Loury
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La morue en péril
La morue en péril
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Malgré la mise en place de quotas de pêche, la population de morues du golfe du Maine, au nord-est des Etats-Unis, semble toujours aussi anémique. La faute du réchauffement climatique, peu pris en compte dans l’évaluation des stocks, révèle une étude américaine publiée dans Science.

Face à la raréfaction de la morue atlantique, victime de surpêche, les pêcheries du golfe du Maine se sont vues imposer des quotas en 2010. Des coupes souvent drastiques: après une année maigre en 2012, les pêcheurs n’ont eu droit en 2013 de capturer que 27% de morues par rapport à l’année précédente. Or malgré ces efforts, le stock de morues, estimé à 4% des effectifs jugé optimaux pour la régénération de l’espèce, ne cesse de diminuer.

A qui la faute? Au réchauffement climatique, répondent Andrew Pershing, du Gulf of Maine Research Institute de Portland (Maine), et ses collègues. Dans leur étude, les chercheurs révèlent que les eaux du golfe connaissent des changements plus rapides que 99,9% du reste du globe: alors que les océans mondiaux se réchauffent en moyenne de 0,01°C par an, le golfe du Maine connaît une moyenne annuelle de 0,03°C depuis 1962. Pire: depuis 2004, la hausse a pris une soudaine accélération, atteignant désormais 0,23°C par an!

Les juvéniles en danger

Selon les chercheurs, cette rapide montée du mercure s’expliquerait d’une part par la remontée du Gulf Stream vers le nord, d’autre part par les oscillations climatiques des océans, celle décennale du Pacifique et celle multidécennale de l’Atlantique. Ce qui ne plaît guère à la morue: chez ce poisson d’eau froide, le réchauffement fait chuter le nombre d’alevins produits par les femelles, et diminue les chances d’un juvénile de parvenir à l’âge adulte.

Pour les chercheurs, le potentiel de reconstitution d’un stock dépend autant des quotas de pêche que de la température à laquelle il est soumis, facteur bien peu pris en compte par les experts. Si le phénomène continue à être ignoré, les stocks ont peu de chances d’atteindre le niveau auxquels ils se régénèrent au mieux, au risque de voir l’espèce déserter définitivement le golfe du Maine.

Selon Andrew Pershing, cette inadéquation entre quotas de pêche et capacité réelle de reconstitution des stocks «crée une situation de frustration qui contribue au manqué de confiance entre les pêcheurs, les scientifiques et les décideurs (…) Afin de mieux adapter les pêcheries aux changements climatiques, la première étape devrait consister à reconnaître ses effets sur les populations de poissons».



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