Sûreté nucléaire et radioprotection en Ile-de-France

Le 15 avril 2005 par Ludivine Hamy
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Avec 3.500 installations de radiodiagnostic médicales et 7.800 installations dentaires, l’Ile-de-France concentre à elle seule 20 à 25% du nucléaire de proximité français. La région compte également 16 installations nucléaires de base, en cours de démantèlement: de quoi justifier un contrôle renforcé.

Depuis la création de la Division sûreté nucléaire et radioprotection (DSNR) de Paris, en octobre 2004, la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) d'Ile-de-France est chargée du contrôle de la radioprotection dans le domaine médical et dans les secteurs de l'industrie et de la recherche. La nouvelle Division est également responsable du contrôle de la sûreté des transports de matières nucléaires à usage civil et de la gestion des sites et des sols pollués par les radioéléments.

En région parisienne, le nucléaire est essentiellement utilisé à des fins médicales (radiologie, médecine nucléaire, traitement du cancer par accélérateurs de particules, curiethérapie), industrielles (détection du plomb dans les peintures, mesures, chromatographie…) ou de recherche. La mission de radioprotection menée par la Drire vise à protéger les personnes et l'environnement contre les risques liés aux rayonnements ionisants. Après avoir recensé les installations franciliennes concernées, la DSNR a pour ambition de mener 80 inspections de sites en 2005 et d'examiner toutes les demandes d'autorisation d'utilisation de ces rayonnements. «Nous allons porter une attention toute particulière à la formation du personnel qui manipule des rayonnements, car la majorité des accidents est due à des erreurs humaines et à une méconnaissance des dangers inhérents à l'activité», souligne Cathy Bieth, responsable de la radioprotection.

Côté sûreté nucléaire, aucun incident majeur ne s'est produit en 2004. «L'Ile de France connaît, depuis quelques années, une phase de dénucléarisation progressive, liée à la politique de réorganisation du CEA et à la concentration de ses activités nucléaires sur le site de Cadarache», explique Nicolas Chantrenne, responsable de la sûreté nucléaire. Ainsi, d'ici 2017, la région ne comptera plus que six installations nucléaires de base (contre 16 aujourd'hui). L'année dernière, la Drire a surveillé le démantèlement de l'accélérateur linéaire de Saclay (Essonne) et du laboratoire pour l'utilisation du rayonnement électromagnétique du CNRS d'Orsay (Essonne). 95% des déchets issus de ces travaux de démantèlement, qui sont très faiblement radioactifs, seront acheminés vers le centre de stockage de l'Agence nationale des déchets radioactifs (Andra) à Morvilliers (Aube).

Quant à l'usine CisBio de Saclay , qui fabrique des produits radiopharmaceutiques, elle a fait l'objet d'une surveillance renforcée depuis fin 2003, en raison de la multiplication anormale d'incidents (cinq en un an). Suite à l'adoption de mesures relatives à l'organisation générale, à la sensibilisation des agents à la radioprotection par des actions de formation et à l'investissement de 8,3 millions d'euros par l'actionnaire Schering pour moderniser l'outil industriel, la situation s'est améliorée. Malgré tout, la Direction générale de la sécurité nucléaire et de la radioprotection (DGSNR) et l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ont décidé de maintenir une vigilance spéciale. Au total, le bilan est donc globalement positif. «L'année 2004 s'inscrit dans la continuité de 2003, sous le signe du démantèlement et de la modernisation des installations, avec une réduction sensible du nombre d'incidents», se félicite Nathalie Homobono, directrice régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement en Ile-de-France.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus