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Suez essuie de nouveaux déboires en Hongrie

Le 02 avril 2012 par Stéphanie Senet
2ème revers pour Suez en Hongrie
2ème revers pour Suez en Hongrie

Le conseil municipal de Budapest a décidé de reprendre entièrement la main sur la distribution de son eau. Pour cela, il compte racheter 25% des actions de la compagnie des eaux à Suez Environnement et à son partenaire allemand, RWE Aque, avant la fin du contrat d’exploitation, prévue en 2022.

Le marché hongrois de l’eau n’est plus une source de bénéfices pour les opérateurs internationaux de l’eau. Suez Environnement est en train de perdre le marché de la capitale depuis l’offensive, lancée par son maire, pour reprendre le contrôle total de la compagnie des eaux, Budapest Vizmuvek Zrt, selon une information diffusée par le site hu-lala. Ne détenant que 75% des parts de la société, la municipalité doit racheter le quart manquant, propriété de Suez et de son partenaire allemand RWE. Le maire conservateur Istvan Tarlos estime en effet que le contrat conclu est défavorable à la commune et que le groupe franco-belge «abuse de sa position dominante pour surfacturer les services», indique l’hebdomadaire hongrois Héti Valasz, cité par hu-lala.

Pour récupérer 100% des parts de la compagnie, Budapest est prêt à payer 51 millions d’euros. C’est 475.000 € de moins que l’apport des sociétés française et allemande en 1997. Les parties se sont données trois mois pour trouver un accord. Faute de quoi, la mairie envisage purement et simplement d’annuler le contrat.

Istvan Tarlos a tenu à rassurer les habitants en expliquant que cet investissement allait permettre d’économiser 111 M€ dans les 10 prochaines années, soit le bénéfice prévu de Suez et de RWE entre aujourd’hui et la fin du contrat, prévue initialement en 2022. Il a ajouté qu’il n’était pas exclu que la ville contracte un nouveau crédit pour assurer le fonctionnement de la compagnie, ni que de nouveaux impôts ne soient créés sur les services de base, comme l’eau, l’électricité ou le gaz.

De leur côté, les filiales des deux énergéticiens auraient déjà engrangé plus de 100 M€ depuis le démarrage du contrat, estime la presse magyare.

Si elle se confirme, cette municipalisation des services de l’eau de la capitale ne serait pas le premier revers pour Suez Environnement en Hongrie. En septembre 2009, la ville de Pecs avait en effet repris la main sur ses installations, accusant Suez d’abus de position dominante et de malversation. Sa rupture unilatérale du contrat d’assainissement et de distribution de l’eau avec Pecsi Vizmu, la filiale de Suez, avait toutefois été jugée illégale par la Cour suprême hongroise en septembre 2011. Mais la ville refuse toujours de payer les dommages-intérêts estimés à 33,8 M€. Le dossier est désormais entre les mains du Centre d’arbitrage international de Vienne, indique le quotidien Les Echos.

L’affaire de Budapest a pris un virage politique le 23 novembre dernier, avec l’envoi d’une lettre du président Sarkozy au Premier ministre hongrois Viktor Orban, que l’on peut lire sur le site internet de l’hebdomadaire Magyar Narancs. Nicolas Sarkozy dit «s’inquiéter pour le cas des concessions de service public de distribution et de traitement des eaux à Budapest».

D’un autre côté, la Hongrie semble avoir ciblé les multinationales des secteurs les plus porteurs de l’économie pour lutter contre la crise et répondre à la discipline budgétaire souhaitée par Bruxelles.

Cette mesure résonne aussi sur le plan de la politique nationale puisque les conservateurs, au pouvoir à Budapest, s’attaquent à un contrat conclu par leurs prédécesseurs libéraux. Une enquête judiciaire est d’ailleurs en cours sur les conditions de l’attribution du marché à Suez, visant en premier lieu Gabor Demszky, maire de Budapest de 1990 à 2010.



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