Suède: vers une taxe carbone sur la viande?

Le 30 janvier 2013 par Romain Loury
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La viande sera plus chère en Suède
La viande sera plus chère en Suède

Les autorités suédoises en charge de l’agriculture proposent la mise en place d’une taxe sur la viande, dont la consommation excessive nuit à la santé comme à l’environnement.

Ce n’est rien moins qu’une taxe carbone que propose le conseil suédois de l’agriculture dans un rapport publié le 22 janvier. Intitulé «La consommation de viande durable: qu’est-ce que c’est? Comment y parvenir?», il évoque la possibilité de taxer le consommateur sur chaque type de viande (bœuf, volaille, porc), voire sur tout aliment lié à des émissions élevées de gaz à effet de serre (GES).

En la matière, «les actions volontaires des consommateurs et de l’industrie ne suffiront probablement pas à atteindre les objectifs environnementaux et climatiques», constatent d’emblée les experts. Or selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 18% des émissions mondiales de GES sont liées à la production de viande.

Autre piste avancée par les experts suédois, des mesures «stimulant ou obligeant» les producteurs à réduire leurs émissions, soit «en augmentant l’efficacité de la production, soit en recourant à de nouvelles méthodes».

Selon le conseil suédois de l’agriculture, il serait préférable que de telles mesures, qu'elles ciblent le consommateur ou le producteur, soient mises en place au niveau européen, pas seulement national, afin d’en accroître l’impact environnemental. Un projet qui semble relever du vœu pieux.

En témoigne la réaction de l’eurodéputée suédoise Marit Paulsen, vice-présidente de la commission Agriculture du Parlement, qui, dans un entretien au journal EurActiv, dit croire avant tout en l’information et en la capacité des gens «à décider des bons choix par eux-mêmes».

Outre ses dégâts environnementaux, la viande consommée en excès, en particulier la viande rouge, est accusée de favoriser plusieurs maladies, notamment celles de type cardiovasculaire, ou encore le cancer colorectal. Après des décennies de hausse, la consommation de viande de boucherie (bœuf, veau, agneau, porc, etc.) semble enfin baisser en France: selon des données du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), elle est passée de 52 grammes par jour à 46 g/jour entre 2004 et 2007.

Aux dégâts environnementaux engendrés par l’excès de viande s’ajoutent ceux du gaspillage alimentaire: selon de récents travaux britanniques, 30 à 50% de la production alimentaire mondiale finirait à la poubelle. Un problème majeur, contre lequel le gouvernement français a annoncé début décembre un programme d’action (voir le JDLE).

 



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