Sucres: l’OMS vise encore plus bas

Le 05 mars 2015 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
10%, c'est déjà trop?
10%, c'est déjà trop?

Dans des recommandations réactualisées mercredi 4 mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) maintient son seuil de 10% des apports énergétiques pour les sucres, mais conseille si possible d’aller jusqu’à 5%.

C’est en 1989 que l’OMS a pour la première fois émis sa recommandation de ne pas dépasser le seuil de 10% pour les sucres libres, aussi bien ceux ajoutés par les industriels dans leurs produits que ceux naturellement présents dans le miel ou les jus de fruits. Sont en revanche exclus ceux présents dans le lait, les fruits et légumes.

Réitéré en 2002, le conseil de l’OMS a eu le succès que l’on sait, au vu de l’évolution de l’obésité dans le monde. Dans les pays industrialisés certes, mais aussi, et plus récemment, dans les pays en développement, émergents aussi bien d’un point de vue économique que des maladies chroniques.

Pourtant l’objectif n’est pas hors d’atteinte, souligne l’organisme onusien: en Europe, la Hongrie et la Norvège se situent vers 7% et 8% d’apports énergétiques en sucres -monosaccharides dont le glucose et le fructose, disaccharides comme le sucrose, ou «sucre de table». A l’inverse, l’Espagne et le Royaume-Uni oscillent entre 16 et 17% [1].

Pourtant, l’OMS ne désarme pas: nouveauté, elle va jusqu’à proposer, si possible, d’abaisser la consommation jusqu’à moins de 5%. Soit l’équivalent de 25 g de sucres libres par jour, alors qu’une cuiller à soupe de ketchup en contient 4 g, une canette de soda 40 g.

Un bénéfice «probable»

La recommandation est dite «conditionnelle», du fait que «les effets souhaitables de celle-ci l’emportent probablement sur ses effets indésirables mais que leur importance relative n’a pu être clairement établie», explique l’OMS. «Par conséquent, un dialogue avec les parties prenantes et des consultations sont nécessaires avant de pouvoir faire de cette recommandation une politique», ajoute-t-elle.

Si les études quant à ce seuil de 5% sont rares, trois d’entre elles confirment une baisse du nombre de caries avec une consommation inférieure à 5% par rapport à une consommation comprise entre 5% et 10%. Toutes ont trait à la chute du nombre de caries après la deuxième guerre mondiale, alors que la consommation de sucre est passée de 15 kg/an avant-guerre à 0,2 kg/an en 1946.

L’OMS prévoit de revoir ses recommandations en 2020. D’ici là, elle compte disposer de nouvelles études, afin de mieux préciser à partir de quel seuil une prise de poids est observée, et quel est l’effet du sucre sur le métabolisme. Pour cette version 2015, l’OMS n’a finalement décidé de n’étudier que la prise de poids et les caries, après avoir hésité à analyser la question du diabète et du risque cardiovasculaire.

[1] En France, une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) évoque jusqu’à 17,5% de l’apport énergétique en sucres pour les hommes, contre 19,9% chez les femmes et 22,2% chez les 11-14 ans.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus