Succès de la grève mondiale du climat

Le 15 mars 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une trentaine de milliers de personnes ont foulé le pavé parisien.
Une trentaine de milliers de personnes ont foulé le pavé parisien.
VLDT

Dans le monde entier, des centaines de milliers de personnes ont manifesté contre le réchauffement climatique. De Paris, à Bordeaux, la France écolière et étudiante était aussi dans la rue. Un échauffement pour la Marche du siècle du 16 mars?

Du jamais vu depuis la mobilisation préalable à la COP 21, en 2015. Ce vendredi 15 mars, plus de 2.000 manifestations pour le climat étaient organisées dans 123 pays, selon un recensement réalisé par Fridays for future.

De Hong Kong à New York, en passant par Berlin, Verone, Sydney, Londres, Kampala, Le Cap, Wellington, Tokyo, Kiev ou Séoul, ils étaient des centaines de milliers d’écoliers, de collégiens, de lycéens, d’étudiants à battre le pavé ou le bitume. D’un continent à l’autre, les mots d’ordre se ressemblaient: «sauver la terre», «ne brûlez pas notre futur», « il n’y a pas de planète B», «changez le système, pas le climat».

on ne gaspille pas

Partout, ce même mélange de détermination, d’allégresse à manifester sans entrave. Partout, l’absence (voulue par les organisateurs, sans doute) des organisations environnementales, des syndicats, des partis politiques. Partout, des pancartes peintes ou graffitées sur des morceaux de carton. Pas un manque de professionnalisme de la manif, mais la volonté de montrer que désormais l’on ne gaspille plus, on récupère, on recycle.

Après quelques retards à l’allumage, la France est revenue dans le peloton de tête des défilés. Dans l’Hexagone, plus de 200 rassemblements avaient été déclarés aux autorités. A Paris, une trentaine de milliers de personnes s’étaient donné rendez-vous au Panthéon. Très peu d’«adultes» étaient présents dans le cortège : quelques parents accompagnaient leurs enfants (parfois très jeunes), des professeurs, des badauds, des politiques.

un ex-candidat, une ex-ministre

Jugé sur un banc, l’ancien candidat écologiste à la présidentielle Alain Lipietz s’émerveille de voir autant de jeunes gens défiler pour le climat. Soudain, une main surgit du cortège: Delphine Batho salue son aîné en écologie. Tout sourire, l’ancienne ministre tente d’entraîner les journalistes: «ne nous regardez pas, rejoignez-nous». Les jeunes secrétaires d’État Brune Poirson et Gabriel Attal sont aussi descendus dans la rue, incapables de résister à la tentation du selfie. Sur Twitter, les membres du gouvernement sont fiers «de la jeunesse française».

Celle-ci n’est pourtant pas tendre avec eux. Nombreuses sont les pancartes à fustiger l’influence des lobbies sur la politique nationale. Beaucoup manifestent sous des cartons: «Macron envers et contre tous. Les jeunes en vert et pour tous.» Plus radical: «État = coupable. Inaction = collaboration.» Politiquement corrects, des fans de Pierre Larrouturou brandissent la seule banderole «pro» de la manif: «Pas de pognon, pas de transition».

pique-nique et techno

A Montpellier, ce sont entre 3.000 et 4.000 lycéens qui étaient au rendez-vous, fixé à 11h sur la place royale du Peyrou. «Plus chauds que le climat», ils ont joyeusement défilé jusqu’à la place de la Comédie, où certains ont hissé des banderoles sur la fontaine des Trois-Grâces, tandis que d’autres marquaient un sitting. Leur marche s’est poursuivie jusqu’au quartier Antigone, s’achevant en pique-nique printanier sur les pelouses de la place de l’Europe.

A Nantes, plus de 10.000 personnes sont descendues dans la rue. Prudents, les Nantais avaient commencé par un pique-nique sur fond de techno. Les Lyonnais étaient un poil plus nombreux.

crime contre l'Humanité

Ils étaient un millier à Rouen et Saint-Étienne, 1.800 à Saint-Brieuc, plus de 2.000 à Clermont-Ferrand, 2.800 à Tours, où des collégiens déploraient que leur établissement les ait déclarés «absents»: «c'est notre avenir quand même», rapporte l’AFP. Plus de 3.000 jeunes ont défilé à Bordeaux en scandant «1, 2, 3 degrés, c'est un crime contre l'Humanité», slogan repris en chœur aussi à Caen par 2.000 manifestants.

La question climatique a mobilisé 3.600 personnes à Angers, 5.000 à Strasbourg, 600 à Metz avec ce message, parmi d'autres: «les dinosaures aussi pensaient qu'ils avaient le temps». A Marseille, la police a compté 1.300 manifestants.

En déplacement à Bordeaux, le ministre de l'Éducation nationale a jugé «assez logique et finalement évident que la jeunesse soit la locomotive de la mobilisation sur ces enjeux». «Il ne faut pas que ça débouche seulement sur un cri d'alarme mais sur des propositions. C'est ce à quoi doit servir cette journée de débats dans les lycées», a ajouté Jean-Michel Blanquer, accusé de « récupération » par certains chefs d'établissement.

Samedi, de très nombreuses manifestations pour le climat sont prévues dans le cadre de la «Marche du siècle». Les marches pour le climat ne s’arrêteront pas de sitôt.



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