Stockage du CO2: l’Ineris souligne les risques de pollution

Le 20 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le site Total de Lacq est le seul, en France, à avoir expérimenté le captage-stockage de CO2.
Le site Total de Lacq est le seul, en France, à avoir expérimenté le captage-stockage de CO2.

Les promoteurs du captage-stockage géologique de carbone (CSC) ne sont décidément pas à la fête.

En Europe, le programme de co-financement d’expériences pilotes de captage et de séquestration géologique (NER 300) risque de ne donner aucun résultat, faute de participants [JDLE]. En France, l’Ineris met en relief un risque de pollution que l’injection du CO2 dans un aquifère salin pourrait faire courir à l’environnement.

Dans une note publiée aujourd’hui 20 novembre, l’ancien Cerchar rappelle que les aquifères salins sont les sites de prédilection des industriels souhaitant injecter leur gaz carbonique dans le sous-sol. Cette structure étanche est, en effet, bien répartie sous la planète. De plus, ses capacités potentielles de séquestration du CO2 sont considérables: de l’ordre de 10.000 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Soit près de 10 fois plus que les veines de charbon inexploitées et les roches basiques et ultrabasiques réunies, les deux autres formations géologiques susceptibles de retenir le gaz carbonique injecté.

«La capacité de piégeage des aquifères salins profonds est double: elle repose sur un phénomène mécanique d’adsorption au sein d’un réservoir réputé étanche, mais aussi par des interactions physico-chimiques entre le CO2, la saumure et la roche. Ces interactions vont piéger le CO2 par des phénomènes de dissolution et de précipitation», soulignent les experts de l’Ineris.

Tout naturellement, cette dissolution acidifie le milieu géochimique par production d’acide carbonique. Ce qui pourra dissoudre des minéraux et ainsi entrainer la libération de nombreux éléments chimiques dans la saumure. Or ces éléments ne sont pas forcément sympathiques: arsenic, plomb, uranium, zinc, etc. Ce risque de «remobilisation» est, semble-t-il, accru lorsque le gaz carbonique injecté est riche d’impuretés (plomb, nickel, mercure), dont certaines ont des propriétés oxydantes ou acides. A proprement parler, la saumure ainsi polluée ne présente pas de risque particulier tant que le réservoir reste d’une étanchéité absolue. En revanche, la migration de cette solution saline pourrait présenter un risque environnemental et sanitaire.

Actuellement, rappelle le Global CCS Institute australien, 75 projets de CSC sont en cours de mise en œuvre dans le monde et 59 sont en cours de développement.



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