Stockage de carbone: le potentiel limité des forêts nord-américaines

Le 16 juillet 2018 par Romain Loury
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Feu de forêt en Californie
Feu de forêt en Californie
USDA

En matière de séquestration du carbone, les forêts des Etats-Unis, malgré un net retour au cours du 20ème siècle, sont proches de la saturation, révèle une étude publiée vendredi 13 juillet dans la revue Nature Communications.

Après des siècles de déforestation sévère, liée à l’expansion agricole, les Etats-Unis ont vu leurs forêts revenir en force depuis la moitié du 20ème siècle. Le stock terrestre de carbone s’en est trouvé accru, ce qui a permis au pays d’éponger un peu ses émissions croissantes de dioxyde de carbone.

Outre ce changement bénéfique d’usage des sols, qui se poursuit, le changement climatique pourrait aussi accroître le stock de carbone: la croissance végétale est en effet stimulée par la hausse, inhérente au changement en cours, de la température et des précipitations.

+22% d’ici à 2080

Dans une étude de modélisation, Kai Zhu, écologue à l’University of California à Santa Cruz (UCSC), et ses collègues ont essayé de prévoir dans quelle mesure le stock de carbone des forêts états-uniennes pourrait continuer à croître au cours du 21ème siècle, du fait du changement d’usage des sols comme des changements climatiques.

Résultat: il ne faudra pas trop compter sur les forêts pour compenser les émissions anthropiques. Le stock de carbone pourrait certes continuer à croître, mais de manière limitée: dans le meilleur des cas, les forêts actuelles pourraient ne stocker que 22% de carbone de plus en 2080 par rapport à la période 2000-2016.

Des forêts matures

Selon les chercheurs, de nombreuses forêts états-uniennes ont en effet atteint l’âge au-delà duquel le stockage de carbone connaît un plateau. Le plus grand potentiel de croissance du stock se situe dans les forêts de pins de l’est et du sud-est des Etats-Unis.

Aussi limitées soient-elles, ces capacités de +22% correspondent même à un scénario optimiste. Les chercheurs ont en effet considéré le cas dans lequel les forêts ne connaîtraient pas de perturbation majeure, telles qu’incendies géants ou épidémies d’insectes ravageurs. Or plusieurs travaux montrent que ces catastrophes devraient au contraire s’accentuer du fait du réchauffement.



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