Stocamine: seul le mercure doit remonter

Le 08 juillet 2011 par Célia Fontaine
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Les déchets de Stocamine doivent rester sur place, confinés, sauf ceux qui contiennent du mercure, estime le comité de pilotage d’experts (Copil) installé par l’Etat, qui a rendu son rapport le 7 juillet aux membres de la commission locale d'information et de surveillance (CLIS).
 
En attendant la décision définitive de l’Etat d’ici fin 2012, les rapports se suivent sur le devenir des déchets toxiques enfouis à Wittelsheim dans le Haut-Rhin sur le site de l’usine Stocamine, filiale à 68% des Mines de potasse d'Alsace (MDPA) et à 32% du Groupe Séché.
 
Depuis 1999, entre 42 et 44.000 tonnes de déchets industriels ultimes[1] ont été stockées par 500 mètres de profondeur dans les galeries d’anciennes mines de potasse. Un incendie s’est déclaré en septembre 2002 et a perduré plus de deux mois, au cours desquels une centaine de salariés ont été exposés à des fumées toxiques.
 
Stocamine avait alors été mise en examen en décembre 2004 pour avoir violé une «obligation particulière de sécurité ou de prudence» imposée par l'arrêté préfectoral de constitution de la société de février 1997, et «exposé délibérément autrui à un risque de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente». Depuis, la question du devenir des déchets se pose.
 
Mi-septembre 2010, une étude dirigée par Marc Caffet, directeur de la stratégie des Ecoles des mines, excluait la réversibilité totale des déchets enfouis. Pas question donc de les retirer pour les traiter ailleurs (dans le JDLE), pour des raisons de sécurité. «Le massif de sel, soumis à un phénomène de fluage en raison de son comportement viscoplastique, s’est déjà refermé sur les colis de déchets stockés dans les galeries souterraines, rendant très délicate et vraisemblablement dangereuse leur extraction», avait confirmé l’ancienne Drire Rhône-Alpes. L’enfouissement définitif des déchets comporte également certains risques, notamment de pollution des eaux d’exhaures.
 
Le rapport du Copil préconise le confinement définitif de l’ensemble des déchets, sauf les 7.000 tonnes de résidus mercuriels qui contiennent près de 2.400 tonnes de métal lourd. L’objectif est d’éviter une pollution des nappes phréatiques. La majorité du comité propose donc «le retrait d'une partie significative des déchets de mercure, combiné d'une part à la pose de scellements dans la mine pour ralentir la remontée de polluants et réduire leur concentration, d'autre part à un programme de surveillance de plusieurs siècles», a indiqué à l’AFP Pierre Berest, chercheur à l'Ecole Polytechnique de Paris et président du Copil.
 
Moins onéreuse qu’une excavation, cette solution ne satisfait ni les associations écologistes ni les syndicats de mineurs. Selon eux, de nombreuses incertitudes techniques subsistent, et la question de la surveillance à très long terme mérite d’être approfondie. Les travaux pourraient débuter courant 2013 et début 2014 et s’achever en 2017, a indiqué Alain Rollet, président de Stocamine.


[1] dont 23.000 de classe 1 (résidus d'incinération, déchets amiantés) et 19.000 de classe 0 (terres polluées, déchets chromiques, arseniés, phytosanitaires, mercuriels)


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