Stocamine: les fûts toxiques refusés par la mine allemande

Le 20 novembre 2017 par Stéphanie Senet
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Les déchets déstockés partiellement ne correspondent pas au cahier de charges selon Destocamine
Les déchets déstockés partiellement ne correspondent pas au cahier de charges selon Destocamine

Selon le collectif Destocamine, les déchets extraits des galeries souterraines ont été refusés par la mine allemande de Sondershausen pour non-respect du cahier des charges.

Nouveau coup de théâtre dans l’affaire Stocamine. Alors que la remontée des déchets mercuriels a pris fin début novembre, au terme de trois ans de travaux fastidieux sur le site de Wittelsheim, les 200 fûts toxiques ont été refusés par le destinataire, selon une information divulguée par le collectif Destocamine. «Après avoir été remontés, reconditionnés et stockés dans un hangar, leur examen a révélé qu’ils ne respectaient pas le cahier des charges», explique Yann Flory, porte-parole du collectif, qui regroupe 14 associations et organisations syndicales.

 

Déchets surprise

Censés contenir du mercure et de l’arsenic, ces 2.270 tonnes de déchets dangereux renfermeraient des produits phytosanitaires, et notamment du zirame. Ce fongicide apparu en 1960 aux Etats-Unis avait déjà été identifié au sein des déchets restant enfouis à 650 mètres de profondeur dans les anciennes mines de potasse d’Alsace (MDPA). Mais il n’était pas prévu qu’il se trouve dans les colis adressés à la mine de sel de Sondershausen. 

 

Déstockage complet

«Nous craignons que ces déchets soient actuellement redescendus dans les galeries souterraines pour être placés dans une zone rouge fermée par des barrages en béton, ce qui n’était pas du tout prévu dans le plan de déstockage partiel, qui prévoyait le retrait de 93% des déchets mercuriels», rappelle Yann Flory, qui continue de militer pour un déstockage complet des déchets industriels ultimes enfouis en 1999. Au total, 4 recours judiciaires ont été déposés devant le tribunal administratif de Strasbourg par la région, une commune riveraine et des associations locales. De son côté, Destocamine compte déposer un recours en référé-suspension au plus vite pour éviter l’enfouissement illimité des déchets.

 

Silence radio

Le collectif est d’autant plus inquiet que les autorités locales restent muettes. «Cela fait plus d’un an qu’aucune réunion n’est organisée au sein de la commission de suivi du site. On nous annonce un rendez-vous pour le 18 décembre cela sera trop tard. Tout se joue maintenant», vitupère son porte-parole.

Favorable à un déstockage complet, le conseil départemental s’est récemment fendu d’un communiqué de presse pour alerter sur le fluage du sel qui déforme les parois des galeries et accroît leurs risques d’ennoiement, exposant la plus grande nappe phréatique d’Europe à une pollution sans précédent.

 

Quid du ministère?

Le ministre de la transition écologique avait soutenu, en août dernier, le projet de déstockage partiel des déchets mercuriels. Une position qu’il va devoir réviser à la lumière du contenu des déchets livrés.

 

 



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