Station d’épuration Seine-Aval: une rénovation sous haute surveillance

Le 22 mai 2018 par Stéphanie Senet
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La station d'Achères traite les eaux usées de 9 millions d'habitants
La station d'Achères traite les eaux usées de 9 millions d'habitants

Visée par une information judiciaire pour des soupçons de corruption, la refonte de la deuxième plus grande station d’épuration au monde, située à Achères (Yvelines), a été étudiée par le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). Dans un rapport publié le 16 mai, celui-ci préconise de limiter la participation de l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

 

Retrouver un bon état de la Seine, en aval de Paris, et limiter les flux polluants entraînés dans la Manche. Tels sont les objectifs ambitieux du projet de réfection de la station d’épuration d’Achères, piloté depuis 2012 par le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de la région parisienne (Siaap). L’azote rejeté par l’installation, sous la forme d’ion ammonium NH4, se transforme en effet en nitrite puis en nitrate, consommant l’oxygène de l’eau. Il accentue aussi, avec le phosphore, l’eutrophisation du fleuve. Un phénomène qui devrait s’accentuer sous l’effet du changement climatique, avec une réduction des débits d’étiage pouvant atteindre 30%.

La modernisation de l’installation vise à augmenter le rendement du prétraitement (de 5 à 70 mètres cubes par seconde), créer une nouvelle unité de décantation primaire, inaugurer une nouvelle file d’épuration biologique ainsi qu’une unité de méthanisation.

 

Investissement de 2,7 milliards d’euros

Le hic, c’est le montant de l’investissement, qui a quasiment doublé depuis 2009[1] pour atteindre aujourd’hui 2,7 milliards d’euros, dont 1,1 Md€ ont déjà été engagés. Pour les auteurs du CGEDD, qui l’ont comparé à 25 installations situées en France et à l’étranger, ce coût «se situe dans les valeurs supérieures des fourchettes habituellement rencontrées, alors que le projet n’est pas soumis aux contraintes les plus fortes».

L’Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN) s’avère particulièrement sollicitée, avec un apport acté de 1,8 Md€, au titre de la solidarité de bassin. Soit 70% du coût total de la réfection. Mais le Siaap demande une rallonge en raison de la taille exceptionnelle de la station, le recours à des technologies complexes, et la durée très longue des travaux (15 ans).

 

Enquête au parquet financier

Ce n’est pas un hasard si le ministère de la transition a missionné le CGEDD, en novembre, pour évaluer la pertinence de son plan de financement. Le projet fait en effet l’objet d’une information judiciaire, au parquet national financier, pour des soupçons de corruption sur l’attribution des marchés accordés, en 2012, au consortium Biosav, regroupant Degrémont, OTV, Satelec et IRH. S’il n’est pas mandaté pour juger de la légalité de leur attribution, le Conseil relève que le marché du traitement biologique s’avère plus élevé de 71% par rapport au prix du marché.

Au final, le CGEDD estime que le projet peut encore être optimisé sur le plan financier et suggère de réduire le coût de conception et de réalisation du traitement des boues, évalué à 500 M€. Il recommande aussi d’augmenter de 900 M€ le montant de l’emprunt sollicité auprès des banques sur 10 ans. Ce qui permettrait de maintenir le plafonnement du financement de l’AESN à 1,8 Md€.

 



[1] Il était alors évalué à 1,4 milliard d’euros

 



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