Staphylocoque doré: la tolérance chinoise passe mal

Le 30 novembre 2011 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le ministère chinois de la santé va revoir le seuil de tolérance des staphylocoques dorés dans certains aliments, une mesure qui suscite l’incompréhension après plusieurs scandales alimentaires dans le pays.
 
Sont concernés par cette mesure plusieurs produits de consommation courante, dont les produits congelés à base de pâte ou ceux à base de riz (comme les raviolis), indique l’agence officielle Xinhua. Jusqu’alors, c’était la tolérance zéro qui s’appliquait en termes de staphylocoque doré, l’un des principaux agents d’intoxication alimentaire.
 
Or le ministère de la santé vient de décider la mise en place d’un seuil, fixé à 10.000 unités formant colonie par gramme (UFC/g) [1]. Une mesure qui a du mal à passer, dans un pays où la faiblesse des contrôles sanitaires a récemment été révélée par une série de scandales alimentaires [JDLE]. Cet automne, plusieurs produits contaminés aux staphylocoques dorés ont dû être rappelés.
 
Même le journal officiel du parti communiste chinois, Le Quotidien du peuple, s’est indigné de cette mesure, appelant les autorités à «répondre à l’anxiété du public» car elles «ne peuvent ignorer la préoccupation [des Chinois] concernant la sécurité alimentaire», rapporte l’Agence France Presse.
 
Lors d’une conférence de presse du ministère de la santé, un expert en sécurité alimentaire, Liu Xiumei, a pourtant affirmé que les staphylocoques dorés étaient inactivés en quelques secondes d’ébullition, et qu’il fallait un taux de 100.000 UFC/g pour engendrer une toxicité (un chiffre 10 fois plus élevé que le seuil fixé). Selon lui, la tolérance zéro jusqu’alors en vigueur remonte à une époque où il n’existait aucun test quantitatif.
 
Le staphylocoque doré est un organisme omniprésent, et l’on estime qu’il est présent dans le nez d’environ 30% de la population. Dans les aliments, sa présence en faible quantité ne constitue pas forcément un danger: c’est en effet au-delà de 100.000 UFC/g que l’on considère qu’il y a un risque d’intoxication par les toxines de ce micro-organisme («intoxination»).
 
[1] L’unité formant colonie (UFC) est une unité utilisée en microbiologie, se définissant par le nombre de colonies bactériennes qui se forment après mise en culture.


Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus