Stabiliser le réchauffement nécessite de taxer lourdement les émissions de CO2

Le 29 mai 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Pour le prix Nobel Joseph Stiglitz, il faut lourdement taxer le CO2 pour espérer le voir décroître.
Pour le prix Nobel Joseph Stiglitz, il faut lourdement taxer le CO2 pour espérer le voir décroître.
DR

La stabilisation du réchauffement aux niveaux fixés par l’Accord de Paris impose de taxer lourdement et rapidement les émissions de gaz carbonique, estime la commission Stiglitz-Stern.

 

Frapper vite et fort. Telle est la philosophie des rédacteurs du rapport de la Commission de haut niveau sur les prix du carbone, publié ce lundi 29 mai.

Constituée en 2016, lors de la COP 22 à Marrakech, par la Coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone, la Commission, patronnée par les économistes Joseph Stiglitz et Nicholas Stern, avait une mission: définir des moyens économiques permettant d’atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris sans nuire à la croissance. Son verdict est clair.

100 $ en 2030

«Pour atteindre de manière efficace les objectifs climatiques de la communauté internationale tout en encourageant la croissance, il est impératif que les pays fixent un prix du carbone, avec l’objectif d’atteindre entre 40 et 80 dollars (35,8 à 71,6 €) par tonne de CO2 en 2020, puis entre 50 et 100 $ (44,7 à 89,5 €) en 2030.»

Cacophonie. Le sommet du G7 de Taormine a tenu ses promesses. Dans le communiqué final, Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Union européenne réaffirment leur soutien à l’Accord de Paris sur le climat. Faisant bande à part, les Etats-Unis de Donald Trump répètent qu’ils révisent leur politique climatique et évaluent leur intérêt de maintenir leur adhésion à l’accord conclu lors de la COP21. «Une réponse très insatisfaisante», a estimé la chancelière d’Allemagne, Angela Merckel. Pour autant, Washington promet (comme les autres) de favoriser la transition énergétique. Toujours avec l’aval US, le G7 promet de s’attaquer à l’insécurité alimentaire mondiale, qui sera nourrie par les conséquences du réchauffement. Comprenne qui pourra.

«Je suis très content qu’ils aient osé mettre un niveau ambitieux à l’horizon 2020. La lutte contre le changement climatique ne peut se faire avec des demi-mesures», commente l’économiste Alain Granjean.

Outre les niveaux de prix élevés, les 13 experts de la Commission (dont l’économiste en chef de l’Agence française du développement, Gaël Giraud) ne se focalisent pas sur un type de mesure. Donner un prix au carbone peut passer par des mécanismes de marché (tel l’ETS européen), des taxes (sur le modèle suédois), voire des prix internes du carbone comme le pratiquent déjà de nombreuses entreprises.

Une seule mesure ne suffit pas

Les rapporteurs rappellent aussi l’importance de la progressivité de la valorisation: seule «une trajectoire prévisible du prix du carbone peut envoyer un signal clair aux ménages et aux entreprises». 

La Commission considère enfin que la tarification du carbone doit s’accompagner de mesures bien conçues visant à promouvoir l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, l’innovation, l’investissement dans des infrastructures durables. Le tout sans oublier d’aider la population à s’adapter à une économie sobre en carbone.

Actuellement, 13% des émissions anthropiques de CO2 sont financièrement valorisées. Selon le World Carbon Price, établi par le JDLE et Carbone 4, le prix mondial moyen du carbone tourne autour de 6,3 €. On est bien loin des niveaux proposés par la Commission Stern-Stiglitz.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus