Soutiens au charbon: des annonces mais quels actes?

Le 10 septembre 2015 par Stéphanie Senet
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La suppression des garanties de la Coface pour l'exportation des centrales à charbon non dotées de dispositif de captage-stockage de CO2 enfin confirmée
La suppression des garanties de la Coface pour l'exportation des centrales à charbon non dotées de dispositif de captage-stockage de CO2 enfin confirmée

Peu après les déclarations de la ministre de l’écologie Ségolène Royal sur France Info ce 10 septembre au matin, le Premier ministre a confirmé la suppression «immédiate» des garanties de la Coface pour l’exportation des centrales à charbon non dotées de dispositif de captage-stockage de CO2. Un engagement pris par le président Hollande en novembre dernier, lors de la Conférence environnementale.

Très attendue par les ONG, cette confirmation met fin à une controverse opposant les ministères de l’écologie et des affaires étrangères à Bercy.  Faite à l’occasion d’une conférence sur la COP 21 organisée à l’Elysée, l’annonce apporte aussi un gage aux écologistes à trois mois de la conférence onusienne sur les changements climatiques et des élections régionales.

Cette décision vise immédiatement les garanties d’emprunt de la Coface[1] destinées aux centrales à charbon dénuées de dispositif de capture et de stockage de CO2. Sans qu’on en connaisse le mécanisme, le soutien à l’exportation des centrales charbon serait remplacé par d’hypothétiques aides pour qu’Alstom investisse dans les énergies renouvelables. «Le transfert des soutiens publics du charbon vers les énergies renouvelables est tout simplement la marche de l’histoire», a réagi l’ancien ministre écologiste chargé du développement Pascal Canfin. «Si nos clients nous commandent des centrales au charbon, ce n’est pas pour acheter des éoliennes», se défend-on chez General Electric.

 

Le Crédit agricole ne tient pas ses engagements

Comme pour les autres annonces de désinvestissement des énergies fossiles, la vigilance reste de mise. Les actes ne suivent pas toujours les paroles, comme vient de le montrer le Crédit agricole. La banque française, qui s’était engagée le 20 mai dernier à supprimer tout soutien à l’extraction du charbon pour limiter le réchauffement planétaire à 2°C d’ici la fin du siècle, ne respecte pas ses engagements, selon les Amis de la Terre.

Elle est en effet l’unique banque à soutenir le projet Plomin C de reconstruction de la centrale à charbon croate, dont la facture s’élève à 800 millions d’euros. Elle conseille l’entreprise japonaise Marubeni, chargée de la construction de la centrale, qui s’approvisionnera en matériel auprès d’Alstom. Une action «incompatible avec ses ambitions climatiques, qui enfreint aussi sa politique sectorielle sur les centrales à charbon», affirme l’ONG. Pour l’heure, la banque dément avoir pris un engagement de financement dans ce projet. Affaire à suivre.

 



[1] Compagnie française d’assurances pour le commerce extérieur

 



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