Sous les sables, le carbone

Le 22 octobre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les sables bitumineux sont décidément la meilleure (sur le plan financier) et la pire (sur le plan environnemental) des ressources du Canada. C’est précisément sur ce second aspect qu’insiste un rapport publié jeudi 21 octobre par Environmental Defence, l'Institut Pembina et Equiterre. Intitulé « Les sables bitumineux du Canada : les obligations du gouvernement fédéral », le rapport des trois associations canadiennes souligne que l’exploitation grandissante des sables de la région de l’Athabasca va faire exploser les émissions de gaz à effet de serre du pays à la feuille d’érable.

Comme les autres nations du G8, le Canada s’est engagé à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C (par rapport à l’ère pré-industrielle) pour éviter de trop graves conséquences sur le climat. Pour atteindre ce but, l’Humanité devra en gros réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de moitié d’ici 2050. Ce qui implique que les nations les plus avancées (le G8) réduisent les leurs de 80 %. Pour le Canada, cela implique de « neutraliser » les émissions de gaz carbonique des secteurs de l’énergie et du transport.

Hélas, Ottawa prend une direction totalement inverse à celle préconisée par les climatologues du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Notamment, parce que tout est mis en œuvre pour accroître considérablement l’exploitation des sables bitumineux de la Saskatchewan. La capacité actuelle de production de ces sables riches en huile est de 1,79 million de barils par jour. Mais les projets déjà approuvés vont porter cette capacité à près de 4 millions de barils. Une production qui pourrait encore doubler en additionnant les projets en attente d’autorisation et ceux annoncés par les compagnies pétrolières.

Le bilan climatique de cette industrie pétrolière est considérable. En 2008, les usines d’exploitation et de traitement produisaient 37 millions de tonnes d’équivalent CO2 (Mte CO2) par an. Soit 5 % des émissions nationales. En 2020, ces rejets pourraient atteindre 150 Mte CO2/an et plus de 250 en 2050.

Pour éviter un tel désastre, les ONG recommandent notamment la mise en place de limites d’émission de GES pour cette industrie. Les associations demandent aussi l’ouverture d’un marché de quotas d’émission. Elles exigent enfin que les nouvelles exploitations soient obligatoirement équipées de système de captage et de séquestration géologique du CO2.

 



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