Sous la glace, le carbone

Le 29 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le sol peut être gelé sur des centaines de mètres de profondeur.
Le sol peut être gelé sur des centaines de mètres de profondeur.

Les responsables du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) ont le sens de l’humour.

C’est dans le cadre du sommet climatique de l’ONU de Doha, réputé être le plus climatisé de la série, qu’ils publient un rapport sur les conséquences de la fonte du permafrost.

S’appuyant essentiellement sur les travaux des chercheurs de l’université de Fairbanks (Alaska), l’étude rappelle quelques données fondamentales [JDLE]. Avec la hausse rapide des températures dans les régions arctiques, le permafrost, ou pergélisol, qui reste habituellement gelé tout au long de l'année, est en train de fondre.

Il couvre près de 19 millions de kilomètres carrés, soit environ un cinquième des terres émergées de l'hémisphère Nord. Ce permafrost constitue une gigantesque réserve de carbone organique, les restes des plantes et des animaux qui se sont accumulés dans le sol et le sous-sol (jusqu’à 700 mètres de profondeur) au fil des millénaires. Ce stock de carbone est neutralisé par le gel. Mais avec le dégel, les organismes microbiens le décomposent et en libèrent une partie dans l'atmosphère.

Au total, les terres arctiques renfermeraient quelque 1.700 milliards de tonnes de carbone: près de deux fois la quantité de carbone déjà contenue dans l’atmosphère. Si le dégel de ces régions situées en Alaska, au Canada et en Russie se poursuit, des volumes considérables de gaz carbonique (CO2) et de méthane (CH4) pourraient être dégazés.

Les auteurs évaluent entre 43 et 135 milliards de tonnes équivalent CO2 le volume de GES qui pourrait ainsi être rendu à l’atmosphère d’ici 2100. De quoi accélérer significativement le réchauffement climatique. A fortiori, si l’humanité n’allège pas son empreinte carbone.

En outre, le rapport indique que la fonte du pergélisol pourrait modifier les écosystèmes de manière radicale et causer des dommages coûteux aux infrastructures, principalement en raison de l'instabilité des sols rendus fragiles par le dégel. Autant de questions qui n’ont pas beaucoup retenu l’attention des climatologues jusqu’à présent. D’où l’appel lancé par le Pnue au Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) d’intégrer ces problématiques «nouvelles» à son prochain rapport d’évaluation, prévu pour 2014.



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