Sources radioactives: l'industrie non nucléaire à la traîne

Le 19 janvier 2007 par Bérangère Lepetit
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L'exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants est en diminution, selon une étude de l'IRSN. Sauf dans l'industrie non nucléaire.

Depuis une cinquantaine d'années, les activités de recherche et d'industrie non nucléaires ont recours de plus en plus fréquemment à des sources radioactives. Une règle s'impose: avoir obtenu au préalable l'autorisation de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour pouvoir jouir du statut d'«utilisateur» et disposer pour cela d'une justification valable. Selon le Code de la santé publique, «une activité nucléaire ou une intervention ne peut être entreprise ou exercée que si elle est justifiée par les avantages qu'elle procure, notamment en matière sanitaire, sociale, économique ou scientifique». En France, 4.277 utilisateurs détiennent environ 17.500 sources radioactives scellées (1), et 110 utilisateurs détiennent des sources radioactives non scellées (2) principalement dans la recherche.

Dans l'industrie, les traceurs radioactifs interviennent dans le contrôle de nombreux procédés de fabrication. Dans une raffinerie par exemple, les ingénieurs peuvent suivre et améliorer la qualité de l'essence destinée au réservoir des automobilistes grâce à une pincée d'atomes d'argon-41. Quant au secteur de la recherche, les quantités de produits radioactifs utilisées sont généralement assez faibles, mais comme elles sont manipulées à l'air libre, il peut exister un risque de contamination pour les travailleurs.

Chaque année, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) publie un bilan des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants. Le bilan 2006, publié mercredi 17 janvier, note «une évolution positive» des expositions qui sont en diminution constante depuis les années 1990, particulièrement dans le domaine de l'industrie nucléaire (dose collective divisée par deux entre 1996 et 2005) et du médical. «En revanche, les doses collectives restent sensiblement constantes depuis une dizaine d'années dans le secteur de l'industrie non nucléaire», précise l'étude.

En 2006, huit travailleurs de l'industrie non nucléaire ont été exposés à des doses supérieures à 20 milliSievert (mSv) (3), et trois ont reçu une dose supérieure à 50 mSv (la réglementation française fixe le seuil légal annuel à 20 mSv). Dans la recherche en revanche, l'étude révèle que si les travailleurs sont fréquemment exposés, ils le sont à très faible dose (24 travailleurs en 2006 ont reçu des doses supérieures à 6 mSv mais inférieures à 15 mSv).

«Dans l'industrie, les dépassements sont souvent dus à des incidents ponctuels, à des négligences, explique Alain Rannou, chef du service d'étude et d'expertise en radioprotection à l'IRSN. De gros efforts de radioprotection ont été réalisés dans le domaine de l'industrie nucléaire et médicale. En revanche, il existe des industries non nucléaires où les doses stagnent depuis une dizaine d'années car le risque n'est pas pris au sérieux. Il manque parfois encore une vraie culture de la radioprotection», estime Alain Rannou.

Pour l'ensemble des sources dans l'industrie et la recherche, l'ASN mobilise une centaine d'agents et prévoit d'effectuer environ 500 inspections en 2007, notamment en gammagraphie. En cas d'incident, l'ASN peut déclencher immédiatement une inspection «réactive» suivie d'un rappel de la réglementation applicable… et des bonnes pratiques.



(1) sources scellée: dont la structure ou le conditionnement empêche, en utilisation normale, toute dispersion de matières radioactives dans le milieu ambiant.

(2) source non scellée: qui présentent un risque important de contamination en cas de mauvaise utilisation.

(3)  Le Sievert permet de quantifier un risque, l'effet stochastique, induit par de faibles rayonnements (le risque de contracter dans 20 ans un cancer suite à une exposition).




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