Soupçon de lait aux hormones en Chine

Le 13 août 2010 par Thérèse Rosset
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Plusieurs parents chinois de la province d’Hubei ont remarqué un développement prématuré de la poitrine chez leurs nourrissons filles, âgées de 4 à 15 mois. Des tests médicaux ont prouvé que les niveaux d’œstradiol et de prolactine (deux hormones) chez ces petites filles étaient très au dessus du niveau national.

Ce dérèglement hormonal pourrait provenir du lait en poudre produit par Synutra, firme basée à Qingdao dans l’est du pays. Les trois enfants « hormonalement avancées » l’ont en effet toutes consommé.

Le ministère de la santé chinois a annoncé le 10 août (voir communiqué) la création d’un panel d’experts chargés d’établir si les accusations contre le lait en poudre Synutra étaient fondées.

Depuis deux jours, beaucoup de parents ont emmené leurs filles à l’hôpital pour vérifier qu’elles ne présentaient pas les symptômes d’une puberté précoce.

La prématurité sexuelle peut provenir de plusieurs facteurs. Les scientifiques n’ont pas réussi à déterminer lesquels, des facteurs alimentaires ou environnementaux, étaient impliqués. « Les effets nuisibles d’une puberté précoce sont réversibles, relativise Peter Embarek », médecin spécialiste de l’Organisation mondiale de la santé, dont le China Daily a recueilli le témoignage. Cependant, des perturbations sur le corps humain sont probables : le risque de cancer n’est pas à exclure.  

Le ministère de la santé chinois rappelle que les hormones d’œstrogène (dont l’œstradiol fait partie) sont interdites dans la production de lait en poudre. Synutra se défend d’avoir ajouté à son lait la moindre hormone et considère ses produits « sans danger ». L’association laitière de la province du Guangdong reconnaît que les fabricants n’ont aucun intérêt commercial à ajouter de telles substances.

Une des explications possibles de leur présence dans le lait est qu’elles aient été consommées par les bovins. « Depuis qu’une loi a interdit l’utilisation d’hormones pour nourrir les cheptels, dire que plus personne ne les utilise serait un mensonge », confirme Wang Dingmian, ancien président de l’association laitière de la province de Guangdong. 

Selon les informations disponibles sur le site internet de l’entreprise Synutra, le lait cru provient d’Europe et de Nouvelle-Zélande et subit une quarantaine d’inspections avant sa commercialisation.

Le mois dernier, les ventes du lait en poudre Synutra ont fortement chuté. La population chinoise craint pour la santé de ses enfants. Même si les risques sont différents, l’affaire du lait à la mélamine survenue en 2008 (qui avait entraîné la mort de 6 enfants et en avait rendu malades 300.000 autres) reste dans les mémoires.

 

 



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