Sotchi, c’est fini

Le 10 février 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La future épreuve reine des JO d'hiver.
La future épreuve reine des JO d'hiver.
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C’est la première et sans doute la dernière fois que les jeux olympiques d’hiver se déroulent à Sotchi. Car, au vu du réchauffement climatique, on peut craindre que la station balnéaire de la mer Noire n’accueille pas de sitôt les JO. Du moins, pas en hiver.

Une équipe internationale de scientifiques a couplé les projections du Giec[1] et de l’OMM pour déterminer le futur climatique des 19 sites ayant accueilli les olympiades d’hiver depuis leur création, il y a 90 ans. Ces stations ont déjà une bonne idée de ce que le réchauffement signifie. Entre 1920 et 1950, la température moyenne du mois de février tournait autour de 0,4°C. Depuis le début de ce siècle, le thermomètre indique, pour la même période, une température de… 7,8°C.

En se basant sur les scénarios présentés dans le premier tome du 5e rapport d’évaluation du Giec, Daniel Scott (université de Waterloo, Canada), Robert Steiger (université d’Innsbruck) et Peter Johnson (université de Waterloo) ont ensuite déterminé lesquels, parmi les 19 sites olympiques d’hiver, garderaient une chance d’être sélectionnés dans l’avenir.

Température et neige

Pour faire son tri, le comité international olympique regarde les températures régnant au mois de février, les niveaux d’enneigement et le nombre moyen de jours où les flocons ont de forte chance de tomber. En combinant ces facteurs, les trois chercheurs ont élaboré deux indicateurs: la probabilité selon laquelle la température moyenne restera inférieure à zéro degré pendant les jours de compétition et la probabilité que le manteau neigeux ait une épaisseur supérieure à 30 centimètres durant les épreuves.

Pour une trajectoire basse d’émission de gaz à effet de serre (GES), la température moyenne des sites olympiques devrait progresser de 1,9°C en 2050, et de 2,7°C en 2100 (par rapport à la moyenne observée durant les années 1981-2010). Sans réduction de nos rejets de GES, le thermomètre pourrait bondir de 2,1°C d’ici le milieu du siècle et de 4,4°C d’ici 2100.

Ne reste qu’Albertville

Quelle que soit notre trajectoire d’émission (et donc le niveau de réchauffement), seules 6 stations pourront toujours prétendre accueillir la trêve olympique: Albertville (France), Calgary (Canada), Cortina d’Ampezzo (Italie), Saint Moritz (Suisse), Salt Lake City (USA) et Sapporo (Japon) d’ici le siècle prochain.

Dans le meilleur des cas, 4 sites peuvent encore proposer leur candidature avant la fin du siècle: Lake Placid (USA), Lilehammer (Norvège), Nagano (Japon) et Turin (Italie). Ensuite, cela devient plus problématique. Parmi les villes qui ont pratiquement perdu toutes leurs chances d’organiser de futures olympiades: Grenoble, Chamonix, Garmish-Partenkirchen (Autriche) et… Sotchi. Petite consolation pour les dirigeants russes: le site balnéaire pourra toujours accueillir les JO d’été. Une première dans l’histoire de l’olympisme!

«Nos travaux montrent deux choses, résume Peter Johnson. Tout d'abord, que les Jeux Olympiques modernes se déroulent dans un climat de plus en plus chaud. Sotchi est un parfait exemple. Cela est rendu possible par le fait que de nombreuses épreuves se déroulent dans des espaces intérieurs et que les organisateurs mettent de plus en plus en œuvre des technologies d'adaptation, comme l'enneigement. Et en second lieu, que ces choix de la ville hôte sont de plus en plus risqué du point de vue climatique.»

 



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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