SOS fusées dangereuses

Le 20 septembre 2007 par Claire Avignon
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flarecase
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Chaque année, un million de fusées de détresse sont périmées. L’Etat tente actuellement de trouver une solution pour sécuriser la filière de ces déchets dangereux. Mais le financement divise les acteurs impliqués.

Samedi et dimanche, les plaisanciers respectueux de l'environnement vont pouvoir faire un geste écolo: rapporter leurs fusées de détresse usagées lors du salon nautique international à flot du Grand Pavois, qui se déroule à La Rochelle, du 19 au 24 septembre. C'est la deuxième année que Veolia propreté sponsorise le traitement de ces déchets explosifs, donc dangereux, sur son site de Bâle (Suisse).

L'année dernière, l'événement avait pris une tournure supposée être décisive. La collecte de «signaux pyrotechniques» (le terme technique consacré) périmés devait permettre de tirer des enseignements sur la mise en place d'une filière pérenne de collecte et de traitement. 3.182 signaux de détresse provenant de la navigation de plaisance ont alors été collectés par Pyrotechnis, filiale de Veolia propreté.

Un succès dû au fait que les propriétaires de bateaux, contraints de changer leurs fusées tous les trois ans, ne savent pas quoi faire de leur matériel de détresse périmé: «En ce qui concerne la collecte et la destruction des engins pyrotechniques, les pratiques sont aujourd'hui très artisanales: au mieux, les signaux sont remis à des artificiers ou aux services de déminage qui les détruisent par brûlage (incinération sans récupération des gaz dans une zone sécurisée)», est-il indiqué dans un rapport réalisé par Bio intelligence service pour l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), publié en décembre 2006.

L'organisation d'une filière ne serait pas difficile à mettre en place. Les services de l'Etat penchent pour collecter les feux à main, fusées parachutes et autres fumigènes chez les revendeurs et/ou les capitaineries, qui seraient chargés de contacter un éco-organisme en charge de la gestion de la filière. Celui-ci les transporterait «dans des cartons agréés par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris)» vers des centres régionaux de regroupement, puis vers une installation de traitement avec une autorisation préfectorale. Pour le moment, il en existe en Suisse, en Allemagne et en Espagne. Mais la mise en place d'une filière pourrait inciter les industriels à investir dans une installation en France.

Cependant, si ces deux opérations de 2006 et 2007 organisées lors du salon nautique ont trouvé une subvention, le gouvernement n'a pas encore tranché sur le financement plus pérenne nécessaire à la mise en place de la filière. Dans le domaine des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), l'éco-participation pour un sèche-cheveux d'environ 30 euros revient à 0,05 euro. Dans le cas des fusées de détresse, le coût de la collecte et du traitement est évalué à environ 4,9 euros par unité pour un prix de vente qui se situe entre 15 et 25 euros. Un coût relatif très important lié à la destruction des signaux (40% du coût) et au transport sécurisé (35%).

Une responsabilité élargie du producteur (REP) qui impliquerait un financement à 100% du fabricant, ou plutôt de l'importateur, puisque les produits proviennent essentiellement du Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne et de Chine, ne semble pas retenue. Selon le rapport de l'Ademe, il faut «limiter l'augmentation des prix de vente au public pour une filière purement nationale». L'agence propose que les fabricants soient financièrement responsables à hauteur de 20% du prix de vente et que détenteurs soient mis à contribution pour le reste. «Dans l'hypothèse où ces coûts additionnels seraient reportés entièrement sur le prix des seuls anneaux de plaisance, [cela] induirait une augmentation du prix de l'anneau de 15,5 euros par an», précise le rapport.

Le gouvernement n'a pas encore pris de décision. «L'Ademe a orienté l'expertise, mais ce n'est qu'une piste», explique Philippe Gabriel, chargé de mission au secrétariat général à la mer. Un nouveau rapport enterré?




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