Sombres heures pour la forêt amazonienne

Le 07 juillet 2010 par Thérèse Rosset
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Le Code forestier Brésilien est en passe d’être amendé. Le comité spécial de révision de la loi sur les forêts du Congrès a approuvé sa modification le 6 juillet. Encore un vote positif du Congrès plénier et la déforestation pourrait repartir de plus belle. En cas d’approbation du texte, seul le veto du président Lula pourrait empêcher son adoption définitive.

86 millions d’hectares de bois supplémentaires seraient menacés de défrichage, à en croire WWF. La réforme est portée par le « bloc ruraliste » qui estime que la loi actuelle (entrée en vigueur en 1965) est un obstacle à la croissance du secteur agroalimentaire brésilien. Argument réfuté par une étude de l’Université de l’Etat de São Paulo, selon laquelle l’amélioration de la productivité dans certaines régions serait un moyen suffisant à l’accroissement de l’activité agricole du pays.

Les scientifiques et les ONG n’ont été que très peu consultés pour l’élaboration de l’amendement. « Les négociations auraient dû être basées sur des éléments scientifiques et non sur des arguments biaisés », regrette Carlos Alberto de Mattos Scaramuzza, du WWF Brésil. Le texte prévoit un recul de   la préservation des zones longeant les rivières et cours d’eau. Des agriculteurs se verraient par  ailleurs exempter de l’obtention d’une licence environnementale. « Ce document est un grand pas en arrière pour la législation protectrice de l’environnement », alarme le parti des verts brésilien.

Le contrôle de la déforestation est actuellement assuré par l’autorité législative fédérale. Mais l’amendement envisage une sorte de « décentralisation » en confiant aux Etats cette charge, ce qui laisse la porte ouverte à différentes approches de la gestion des forêts. Autre disposition du texte contestée par les associations : l’amnistie des amendes pour les déforestations illégales intervenues avant 2008.

Le parti travailliste majoritaire du président Lula avait déclaré vouloir repousser l’adoption du texte après les élections d’octobre. Les semaines à venir le confirmeront, ou pas. L’enjeu est grand, d’autant que le Brésil avait fait des efforts considérables ces dernières années pour enrayer la déforestation de la forêt Amazonienne. L’adoption de cette réforme pourrait fort bien compromettre le plan brésilien de lutte contre le changement climatique, sachant que la déforestation représente encore 75% des émissions du pays.



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