Solvants: les régénérateurs veulent profiter de Reach

Le 03 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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Recyclage plutôt qu’incinération: les régénérateurs mettent en avant les qualités écologiques de leur métier pour convaincre les industriels de choisir leur voie. La directive Reach sur l’évaluation de la toxicité environnementale et humaine des substances chimiques pourrait les y aider.

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe, étude de janvier 2003), l’industrie française consomme tous les ans 600.000 tonnes de solvants (4 millions de tonnes pour toute l’Europe). Ces produits servent à décaper des surfaces métalliques, à nettoyer des pièces, à diluer des peintures. On les retrouve aussi bien dans de grosses entreprises que dans les petits garages automobiles. Ce sont des produits dangereux qu’il est obligatoire de diriger vers une filière de traitement après usage. Actuellement, 300.000 tonnes sont régénérées à l’intérieur des entreprises, 200.000 tonnes sont incinérées et 100.000 tonnes sont régénérées dans les douze usines françaises spécialisées exploitées par huit entreprises: «notre objectif est de régénérer 100.000 tonnes supplémentaires qui seraient soustraites à l’incinération», a proclamé Frédéric Reguillot, directeur de la société PPM et membre du Syndicat des régénérateurs de solvants (Sypres) à Pollutec.
Les industriels qui choisissent la voie de la régénération demandent par contrat à un chimiste de purifier leur solvant afin de le réutiliser. Le solvant pollué subit une distillation simple destinée à enlever les particules étrangères. On obtient un dépôt représentant environ 30% du volume, qui part en incinération. Les 70% restants sont fractionnés et déshydratés pour être régénérés.
C’est une voie nettement plus écologique que l’incinération et même plus économique puisque le produit recyclé est 25% moins cher que le solvant neuf: «nous avons cependant du mal à convaincre les entrepreneurs, avoue Frédéric Reguillot. De nombreuses personnes pensent que les produits recyclés sont de moins bonne qualité». Ce frein psychologique est l’un des rares handicaps que doit vaincre la profession: «car chacun de nos adhérents a mis en place un système de collecte optimisé qui permet d’aller chercher des solvants jusque dans les plus petits garages automobiles», assure Frédéric Reguillot.
C’est pourquoi la directive européenne Reach (Registration, evaluation and authorization of chemicals) donne quelques espoirs au Sypres. Le texte en cours de discussion comporte un volet sur la réduction à la source des produits mis sur le marché. Or, la régénération permet de réduire les volumes de produits dangereux. Si la directive est adoptée, elle pourrait inciter certains industriels à se tourner enfin vers la voie du recyclage.


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