Solvants industriels: premier état des lieux

Le 01 juillet 2005 par Christine Sévillano
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L'INRS présente le panorama de l'utilisation des solvants au sein des industries, qui s'est quelque peu modifiée en 15 ans.

Le premier état des lieux sur l'utilisation annuelle des 550.000 tonnes de solvants (1) dans les industries vient d'être réalisé par l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), avec l'aide du cabinet Alcimed (2), afin de mettre en place de nouvelles recherches et des politiques de prévention. Tous les secteurs industriels en font usage et ce n'est pas sans raison: ces substances ont un fort pouvoir de dissolution des autres produits et aussi d'évaporation qui leur permet de sécher rapidement. L'exposition des salariés a même augmenté selon les enquêtes Sumer: de 12% en 1994, c'est près de 15% qui étaient en contact avec des solvants en 2003. 200 solvants sont utilisés régulièrement, répartis dans 9 familles chimiques et 3 grands groupes: les oxygénés, les hydrocarbonés, les halogénés (connus sous les noms de chlore, fluor ou brome).

Ce panorama paraissait essentiel pour les experts car le paysage industriel leur reste méconnu et surtout l'utilisation a pu évoluer en raison de la connaissance des risques. Les recherches ont permis d'en observer de nouveaux, comme les effets sur la reproduction. Les industriels ont parfois été contraints par la pression réglementaire en hygiène sécurité mais aussi en matière de protection de l'environnement. « Parfois, les réglementations diffèrent et peuvent entrer en contradiction. Ainsi le chlorométhane n'était pas dangereux pour les employés étant donné sa faible toxicité et ses propriétés non inflammables, mais il était délétère dans l'atmosphère», explique Jérôme Triolet, chef du projet «solvants» à l'INRS. De nombreux éthers de glycol ont été substitués, certains ayant été situés dans la catégorie des substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR). La plupart des halogénés a été interdite et dans les solvants aromatiques, le benzène a également été banni et le toluène est désormais utilisé à faibles quantités. Mais aucun nouveau solvant n'a été recensé. «Ainsi, ce tableau va nous permettre d'orienter nos travaux vers les solvants les plus utilisés actuellement et étant données les récentes évolutions ce ne sont pas les plus connues», poursuit Jérôme Triolet.

Les solvants les plus utilisés sont les oxygénés avec 52% des 550.000 tonnes recensées, puis viennent les solvants hydrocarbonés pour 41% et les halogénés pour 5%, soit une configuration différente de 1990, où l'utilisation des solvants s'élevait à 600.000 tonnes. «Mais les solvants sont peut-être davantage recyclés, et on parlait déjà de 300.000 tonnes en 1990. Il est toutefois difficile d'avoir des chiffres sur la part recyclée, puisqu'en général le processus s'effectue au sein de l'entreprise», suggère Jérôme Triolet. La part des halogénés a fortement baissé de 16 à 5%, la substitution a surtout profité aux oxygénés. Autre constat, les industries les plus consommatrices sont le métier des peintures, vernis et encres pour 44%, les produits cosmétiques pour 17% en particulier pour la parfumerie alcoolique et les produits agrochimiques pour 13%.

Dans chaque famille, un solvant se distingue par une consommation importante, ainsi dans les hydrocarbonés, le White-spirit représente 65% des solvants pétroliers non aromatiques utilisés, et le xyléna 43% des solvants aromatiques. L'étude a également permis de montrer la spécificité des secteurs, chacun n'utilise pas les mêmes solvants: les cosmétiques utilisent davantage de l'éthanol (47%), du n-butanol (27%) ou encore de l'acétate d'éthyle (9)%, alors que l'agrochimie se concentre surtout sur les solvants aromatiques (44%) et les xylènes (17%). Tous ces résultats vont permettre de faire de nouvelles propositions de classifications au niveau européen et d'orienter les mesures d'exposition et les actions de prévention.

Les dangers connus des solvants sont les risques d'explosion et d'incendie, le syndrome ébrieux ou narcotique, reconnue comme maladie professionnelle au titre du tableau 84, les dermites et les troubles neurologiques, surtout dus à certains solvants halogénés et aromatiques.



(1) Il s'agit uniquement de la consommation de nouveaux solvants, cela ne comprend pas les solvants recyclés.

(2) Tous les chiffres réunis ont été publiés dans «Hygiène et sécurité du travail», n°199, disponible sur le site de l'INRS
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