Solutions fondées sur la nature: une bonne réponse au risque d’inondation

Le 03 février 2020 par Stéphanie Senet
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Des haies brise-crue ont été plantées dans la vallée de la Lèze
Des haies brise-crue ont été plantées dans la vallée de la Lèze

Dans un rapport publié le 2 février, le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) vante les mérites des solutions fondées sur la nature pour se protéger des inondations et des sécheresses.

Chaque année, l’artificialisation des sols et le réchauffement accentuent davantage l’exposition du territoire aux risques naturels, et en premier lieu aux inondations. Or, les solutions fondées sur la nature (SFN) apportent une réponse efficace pour réduire les risques, rappelle l’UICN dans un opus publié le 2 février à l’occasion de la journée nationale des zones humides. Créé en 2009, ce concept est porté par le Comité français de l’organisation internationale depuis la COP21 en 2015 comme «une alternative économiquement viable et durable, souvent moins coûteuse à long terme que des investissements technologiques ou la construction et l’entretien d’infrastructures».

bientôt Un standard international

En attendant leur standard international, dont le lancement est attendu lors du congrès mondial de l’UICN en juin prochain en Marseille, le Comité énumère une vingtaine de bonnes pratiques réalisées en France, pouvant être dupliquées, et en particulier la création de zones humides et restauration de cours d’eau, la végétalisation de bassins versants, l’aménagement de zones d’expansion des crues et la désimperméabilisation des villes pour favoriser l’infiltration des eaux de pluie…  Des pratiques qui se sont infiltrées dans les plus hautes sphères publiques, puisque les SFN ont fait l’objet d’un groupe de travail ad hoc lors des Assises de l’eau organisées par le ministère de la transition écologique. Elles ont aussi été intégrées au plan national d’adaptation au changement climatique.

Reconnexion des zones d’expansion de crues

Parmi les bons exemples, l’UICN cite la reconnexion des zones d’expansion de crues dans la vallée du Thérain, dans l’Oise, qui a connu de fortes inondations en 1995, 1999 et 2001. Un choix réalisé par le syndicat intercommunal au détriment de la création –coûteuse- de bassins de stockage.

Restauration d’une zone humide

Autre projet: la restauration d’une zone humide à Foucarmont (Seine-Maritime). Le syndicat mixte a pu acquérir une parcelle de 1,3 hectare avec l’appui de la Safer puis fait réaliser des travaux de restauration: enlèvement des remblais et des constructions légères. Une exploitation agricole, dédié au pâturage extensif, a été installée grâce à un bail à clauses environnementales.

Plantation de haies brise-crue                                                                                                                                     

Enfin, la plantation de haies brise-crue a également fait ses preuves dans la vallée de la Lèze, au sud de Toulouse. Au cours des 30 dernières années, 300 kilomètres de haies avaient été arrachées à cause du développement de l’agriculture intensive. Le projet du syndicat intercommunal de la vallée de la Lèze a permis de replanter 30 km de haies brise-crue sur la plaine d’inondation et sur les côteaux.