Sols pollués: un impact potentiel sur la santé

Le 23 septembre 2008 par Agnès Ginestet
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Une étude vient d’être lancée dans une partie de l’ancien bassin minier de Viviez-Decazeville (Aveyron) pour évaluer le risque sanitaire potentiellement généré par la présence d’importantes teneurs en arsenic, plomb et cadmium dans le sol. Des recommandations sont préconisées à tous les habitants, et un suivi médical sera proposé en fonction des taux d’imprégnation mesurés.

Depuis le 18 septembre et jusqu’au 31 octobre, les habitants de la commune de Viviez et du hameau du Crozet (Aveyron) peuvent, s’ils le souhaitent, connaître le taux de plomb, arsenic et cadmium que renferme leur organisme. Dans cette partie de l’ancien bassin minier de Decazeville, des teneurs importantes de ces trois polluants ont en effet été détectées dans des échantillons de sol, ainsi que dans des légumes cultivés dans la commune. L’Institut de veille sanitaire (InVS) et son antenne régionale, la Cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) Midi-Pyrénées aident donc la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de l’Aveyron et la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) de Midi-Pyrénées à évaluer un impact potentiel sur la santé des habitants. «On ne peux pas prédire les niveaux d’imprégnation, mais les concentrations de polluants dans le sol sont suffisamment élevées pour qu’on s’en préoccupe», explique Valérie Schwoebel, coordonnatrice scientifique à la Cire Midi-Pyrénées.

Une plaquette a été élaborée à destination des professionnels de la santé qui précise notamment les schémas de prise en charge des patients à suivre. «Quand nous aurons les résultats de l’étude, nous pourrons être plus précis sur les recommandations à donner aux habitants et le suivi à réaliser», précise toutefois Valérie Schwoebel.

Cette étude d’exposition, dont le budget accordé par l'Etat s’élève à 360.000 euros, permettra de comparer les imprégnations de personnes vivant à Viviez et au Crouzet avec celles de personnes non exposées à cette pollution et habitant à Montbazens, une commune située à une douzaine de kilomètres. «On espère plus de 320 personnes à Montbazens, et au moins 900 personnes à Viviez/Le Crouzet», précise Valérie Schwoebel.

Une mesure du taux de plomb dans le sang afin de dépister d’éventuels cas de saturnisme sera effectuée chez les enfants de moins de 7 ans et les femmes enceintes. Les teneurs en cadmium et arsenic seront évaluées dans l’urine d’adultes et enfants de 2 ans et plus. «Le cadmium, dont la mesure correspondra à l’exposition des 6 derniers mois, a un effet cumulatif qui peut provoquer des atteintes rénales», explique Valérie Schwoebel. Selon elle, l’imprégnation à l’arsenic reflètera au contraire une exposition actuelle car il est éliminé rapidement par la voie urinaire. «Il peut augmenter la probabilité de pathologies tels que des cancers de la peau», précise-t-elle.

L’exposition des habitants aux trois polluants peut se faire par les poussières, mais aussi via la consommation de légumes contaminés. «Des légumes de potagers ont présenté des taux de non-conformité en arsenic, plomb et cadmium par rapport aux normes de commercialisation», précise Valérie Schwoebel.

Pour Donatien Diulius, ingénieur de génie sanitaire à la Ddass de l’Aveyron, le transfert des polluants vers le sol est donc connu, mais «on n’a pas de certitude sur le transfert du sol à l’homme». A l’heure actuelle, aucun excès de maladies rénales n’a par exemple été trouvé sur l’ensemble du bassin minier. Aucune déclaration de saturnisme n’a été faite. «Les médecins du département n’ont jamais été sensibilisés à cette maladie difficile à diagnostiquer. Mais cela ne veut pas dire qu’il y ait des cas», indique Donatien Diulius.



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