Sols pollués: «On veille encore à ne pas se hâter»

Le 13 décembre 2007 par Frédéric Ogé
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Le jeudi 20 décembre, le Conseil Environnement devra établir un accord politique sur la proposition de directive définissant un cadre pour la protection des sols. Jusqu’à présent, les propositions de la Commission et du Parlement européen ont été plutôt timides. Frédéric Ogé, chercheur au CNRS, revient sur l’importance de légiférer dans un domaine auquel les hommes politiques sont encore peu sensibilisés.

Le sol est une ressource précieuse et non renouvelable: cette fine pellicule formée à partir de l'interaction des végétaux et animaux morts et vivants avec le substrat rocheux, la chaleur solaire, l'action des vents, l'eau et l'air, est fragile et complexe. C'est un patrimoine d'une indéniable importance mais trop souvent négligé.

Le Parlement européen a débattu en novembre 2007 du projet de directive sur la protection de ces sols, dont la dégradation devient inquiétante entre l'Atlantique et la Mer Noire. Il est grand temps. Nous savons en effet que près de 50% des sols européens n'ont plus qu'une faible teneur en matières organiques et qu'un peu moins de 20% sont assez fortement érodés. Nous savons aussi que des dizaines de milliers d'hectares sont contaminés par des substances dangereuses représentant un indiscutable risque pour l'environnement et/ou la santé humaine. Des enfants sont affectés simplement en jouant mais aussi en buvant une eau infectée par des molécules dangereuses en dépôt dans ces sols ou en consommant des fruits et des légumes chargés en métaux lourds. Il est délicat de chiffrer le nombre de morts directement ou indirectement liés au phénomène: le lien de causalité est trop souvent difficile à établir. Des listes d'activités potentiellement polluantes et des inventaires des sols pollués existent en France mais on veille encore à ne pas se hâter dans ce domaine.

Pourquoi? Parce que nous savons tous que la dépollution et la réhabilitation des sols, déqualifiés depuis des décennies serait très onéreuse si tant est qu'elle soit techniquement réalisable. Bien souvent, en tous cas pour ce qui est des sols victimes d'activités industrielles ou minières, il ne pourrait être mis en oeuvre qu'une sécurisation visant à placer sous cocon le secteur touché et à contrôler plus ou moins bien la qualité des eaux et des poussières qui en proviennent.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi bon nombre de parlementaires ne souhaitent pas qu'une politique européenne de gestion des sols soit adoptée et mise en oeuvre. Ils craignent que le coût en serait prohibitif.. Il est pourtant urgent d'impulser en Europe une véritable rupture dans la politique de gestion des sols car ils constituent le substrat même des activités humaines et économiques.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus