Sols: le citoyen européen s'en fiche

Le 05 septembre 2017 par Marine Jobert
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Personne pour protéger la vie dans les sols?
Personne pour protéger la vie dans les sols?
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Après une année de campagne, force est de constater que les signatures n’affluent pas pour demander à Bruxelles une règlementation européenne dédiée aux sols. L’initiative citoyenne européenne est en passe de capoter.

Etouffés, contaminés, exploités, empoisonnés, maltraités et consumés, les sols n’en peuvent mais. A force de bétonnage -500 terrains de foot par jour disparaissent chaque jour sous l’asphalte en Europe-, mais aussi d’empoisonnement par les installations industrielles et l’agriculture conventionnelle, les deux mètres qui sont sous nos pieds sont en train de perdre leurs fonctions épuratrices, nourricières et protectrices. C’est ce que répète depuis un an un collectif de 400 ONG européennes, afin de convaincre leurs concitoyens de signer l’appel du sol: People4Soil.

Mobilisation faible

Cette initiative citoyenne européenne (ICE) aurait permis de contraindre la Commission à remettre sur l’établi règlementaire une protection dédiée aux sols. Mais à quelques jours de la clôture de la campagne, l’ambiance n’est pas à la fête. Car ils ne sont que 120.000 à avoir signé cet appel. Une mobilisation très faible, que l’on peut mettre en regard du million de signatures récoltées en quelques mois par la campagne contre le glyphosate ou du 1,8 million de parafes qui sont allés à une ICE consacrée à l’eau en 2014.

Chère législation

Cette initiative s’inscrit dans le contexte de l’abandon par la Commission, en 2014, de sa proposition de directive-cadre du 30 décembre 2006 sur la protection des sols, au prétexte de la simplification de la législation européenne et de la nécessité d'abandonner certaines propositions qui n'avaient pas trouvé d’aboutissement depuis des années. Bien qu’adopté en première lecture par le Parlement européen, le projet avait été bloqué par le conseil des ministres de l’environnement de décembre 2007. En cause: le principe de subsidiarité et les coûts des inventaires des sites pollués, des diagnostics et des dépollutions qui auraient pu concerner environ 300.000 sites, pour un coût de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

 

 



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