Sodium/potassium : les oracles du risque cardiovasculaire

Le 13 juillet 2011 par Romain Loury
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Un régime alimentaire riche en sodium et faible en potassium accroît de près de 50% le risque de mortalité, selon une grande étude américaine publiée dans les Archives of Internal Medicine.
 
Une forte consommation de sodium (l’un des composants du sel) et une faible en potassium entraînent de l’hypertension. Mais leur impact sur le risque de maladies cardiovasculaires est moins établi, avec des résultats contradictoires d’une étude à l’autre.
 
La question est d’autant plus importante que les Occidentaux, notamment les Américains, consomment beaucoup plus de sodium et moins de potassium qu’il n’est recommandé [1]. Une situation liée à une alimentation trop riche en produits conditionnés, surchargés en sel, mais pauvre en fruits et légumes frais, principales sources de potassium.
 
Mais au-delà des teneurs en sodium et potassium, c’est le ratio des deux mesures qui semble dicter le risque de mortalité, selon une étude menée par le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC selon l’acronyme anglais) [2]. Un phénomène qui découle de leurs effets antagonistes au niveau artériel, expliquent les chercheurs.
 
Selon leur analyse, le risque de mortalité et celui de décès cardiovasculaires sont tous deux accrus de 46% en cas de ratio sodium/potassium élevé. L‘effet est encore plus marqué pour les maladies ischémiques (dont l’infarctus du myocarde), dont le risque est multiplié par 2,15.
 
Le sodium n’était associé qu’à la mortalité toutes causes confondues, mais pas à celle d’origine cardiovasculaire. Quant au potassium, il influait sur tous ces éléments.
 
«Du point de vue de la santé publique, réduire l’apport en sodium tout en augmentant celui en potassium pourrait entraîner de meilleurs résultats qu’une seule restriction du sel», commentent les chercheurs.
 
Selon un éditorial paru dans la revue, cela revient d’une part à inciter les industriels à baisser la teneur en sel de leurs produits (des efforts déjà entamés par plusieurs d’entre eux), d’autre part à promouvoir les fruits et légumes auprès de la population.
 
[1] Selon les recommandations américaines, il est conseillé de ne pas dépasser 2.300 mg/jour de sodium, voire 1.500 mg/jour chez certains groupes à risque. L’apport en potassium devrait se situer aux alentours de 4.700 mg.
 
[2] Menés sur la grande étude américaine NHANES III, ces travaux ont porté sur 12.267 personnes suivies sur près de 15 ans. Des participants dans la moyenne américaine, avec 4.323 mg/jour de sodium et 3.373 mg/jour de potassium chez les hommes.


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