Sodas: le 4-MEI, nouvel argument comparatif

Le 26 février 2015 par Romain Loury
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Pour l'obésité, c'est match nul
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Bien mauvaise publicité pour Pepsi: le soda serait plus cancérigène que son grand concurrent Coca Cola, suggère une étude publiée dans la revue PLoS ONE. Du moins en matière d’exposition au 4-méthylimidazole (4-MEI), sous-produit du colorant caramel.

Le 4-MEI est présent dans les colorants caramel E150c et E150d, qui donnent leur couleur brune au Coca-Cola, au Pepsi-Cola, à des bières et à des sauces soja (voir le JDSA). Or des études chez l’animal ont suggéré son effet cancérigène.

En janvier 2011, la Californie a dès lors décidé de fixer un maximum de 29 microgrammes de 4-MEI par personne et par jour, l’équivalent d’un cas additionnel de cancer pour 100.000 habitants, au-delà duquel toute boisson est tenue de porter un avertissement sanitaire.

Comme l’a révélé l’association Consumer Reports en janvier 2014, la mesure a en partie porté ses fruits (voir le JDSA). Pepsi s’est en effet borné à ajuster son taux de 4-MEI sur le nouveau seuil, sans rien changer dans les autres Etats américains. Quant à Coca-Cola, le taux de 4-MEI est tombé à moins de 5 µg/L, et ce partout aux Etats-Unis.

Deux ans plus tard, une étude publiée par l’équipe de Keeve Nachman, de l’université Johns Hopkins de Baltimore (Maryland), révèle les mêmes tendances quant à l’exposition et l’excès de risque cancéreux.

Exposition: une différence d’1 à 100

Pour cela, les chercheurs se sont basés sur les habitudes de consommation des Américains, et sur la concentration de 4-MEI mesurée dans plusieurs sodas américains, en Californie et à New York -où il n’existe pas de telle mesure d’étiquetage.

Selon le type de produit (Diet, Regular, etc.) et l’endroit, l’exposition d’un Américain au 4-MEI est plus élevée d’un facteur 10 à 100 avec Pepsi et Coca, révèle l’étude. Idem pour le surrisque cancéreux: au maximum de 1,92 cas par million d’habitants avec Coca, il atteint jusqu’à 1,02 cas pour 10.000 habitants avec Pepsi.

Vertueux un jour, vertueux toujours? Pas forcément, et même loin de là. Si le 4-MEI est désormais bien connu des Américains, il l’est bien moins ailleurs. Sans surprise, sa concentration dans le Coca-Cola atteint dès lors de très hauts niveaux ailleurs qu’aux Etats-Unis (voir le JDSA).

Dans l’UE, pas de panique: l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) veille au grain. Après un premier rapport alarmiste en 2011, elle revu sa copie en 2012, en affirmant que l’exposition de 4-MEI était finalement bien loin de la dose journalière admissible (DJA). Et ce sur la base de chiffres d’utilisation du colorant caramel… fournis par l’industrie.



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