Sodas et jus de fruits: des cocktails trop sucrés

Le 04 juillet 2012 par Romain Loury
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sodas
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Au-delà de leur teneur en sucres trop élevée, les boissons sucrées présentent plusieurs substances suscitant pour le moins quelques interrogations en termes de santé publique, révèle une enquête publiée par «60 millions de consommateurs».

52 boissons analysées et une quantité de sucre astronomique

 

Parmi les 52 boissons analysées par le magazine, la palme du sucre revient au Cola Classic de Carrefour: 115 grammes de sucres par litre, soit l’équivalent de 19 morceaux de sucre! Il est suivi de près par Coca-Cola et Pepsi, respectivement à 108 et 103 g/l.

Les boissons aux oranges ne font guère mieux: du côté des jus, Tropicana «récoltes bio» monte à 109 g/l, Joker à 90 g/l. Quant à Orangina, il se situe à 108 g/l, devant Oasis (101 g/l). Les résultats sont un peu meilleurs pour les thés glacés, avec 79 g/l pour Liptonic Ice tea à la pêche, 76 g/l pour Ice tea Pêche.

Différence importante avec les Etats-Unis, qui recourent surtout au sirop de maïs (ou sirop de glucose-fructose), l’Europe utilise plutôt le saccharose, ce qui limite le taux de fructose. Soupçonné de favoriser l’obésité, ce sucre simple y est toutefois retrouvé en abondance, jusqu’à 43% de l’ensemble des sucres de Pepsi. Son origine: la dégradation du saccharose, constitué d’une molécule de glucose et d’une de fructose.

 

méfiance pour les boissons light ?

«60 millions de consommateurs» se montre très méfiant quant aux boissons light ou allégées, bien sucrées malgré un remplacement partiel par les édulcorants intenses. Même réticence quant aux boissons uniquement à base d’édulcorants, tels Coca-Cola light, Coca-Cola Zero et Pepsi Max: outre les inquiétudes sanitaires au sujet de l’aspartame, leur impact sur la perte de poids demeure controversé.

Mais si l’effet des sucres est bien connu, d’autres composants des colas ont de quoi inquiéter. D’autant qu’il règne sur eux, notamment chez le leader Coca-Cola, une culture du secret, certes «amusante», mais «jusqu’à un certain point»: «précisément jusqu’au moment où le culte du secret vient s’opposer à la transparence que l’on est en droit d’attendre d’un géant mondial de l’agroalimentaire».

 

du sucre et ensuite ?

Particulièrement intrigants, les «extraits végétaux», dont «60 millions de consommateurs» n’a pu obtenir la composition auprès de Coca-Cola et Pepsi, mais dont il a eu une indication auprès d’autres fabricants de cola: «épices (cannelle, noix de muscade, clou de girofle, vanille, maci, coriandre, noix de cola), agrumes (citron, citron vert, orange, …), mais aussi baume de benjoin, du Pérou ou de Tolu…».

Si le tout représente «moins de 2% du produit fini», certaines substances d’origine végétale, comme les terpènes, pourraient poser problème aux personnes allergiques. Certes de manière «rarissime»: reste qu’aucune évaluation toxicologique n’a été menée sur ces composants, remarque le magazine.

Egalement pointé, l’acide phosphorique (agent acidifiant E338) pourrait poser des problèmes rénaux et osseux. Quant à la caféine, à limiter chez les enfants, elle dépasse les 100 mg/l dans Pepsi, Pepsi max et Coca-Cola light, soit l’équivalent d’une à deux tasses de café. Plus surprenante, la présence de faibles doses d’alcool, de l’ordre de 0,001%.

Mais c’est surtout la présence d’un composé potentiellement cancérigène, le 4-méthylimidazole (4-MEI), qui inquiète. Présent dans les colorants caramel E150c et E150d, il a récemment suscité une polémique (voir le JDLE (http://www.journaldelenvironnement.net/article/des-sodas-a-l-e150-cancerigene,28040)), poussant Coca-Cola et PepsiCo à revoir leur recette. Du moins en Californie: dans le reste du pays, comme en Europe ou ailleurs, rien n’a bougé.

A l’origine de cette alerte, l’association américaine CSPI (Center for Science in the Public Interest) vient de publier de nouvelles données (http://cspinet.org/new/201206261.html) sur le 4-MEI. Selon ces chiffres, la quantité présente dans une canette de Coca-Cola varie fortement d’un pays à l’autre, de 56 microgrammes (µg) en Chine à 267 µg au Brésil.

La plupart des pays analysés (Etats-Unis, Royaume-Uni, Emirats arabes unis, Kenya, Mexique) se situent entre 140 et 180 µg. Seule exception, la Californie, où le taux de 4-MEI a été ramené à 4 µg par canette. «Maintenant que nous savons qu’il est possible d’éliminer presque totalement ce carcinogène des colas, Coca-Cola n’a plus aucune excuse pour ne pas en faire autant partout dans le monde, pas seulement en Californie», juge le directeur du CSPI, Michael Jacobson.

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