SNCF: l’approvisionnement en électricité à la question

Le 19 septembre 2018 par Marine Jobert
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La signalisation et les caténaires, vraies priorités pour la SNCF.
La signalisation et les caténaires, vraies priorités pour la SNCF.
VLDT

La SNCF a fait profil bas devant les sénateurs qui cherchaient à comprendre comment la gare Montparnasse avait été plongée dans la panne la plus fracassante de son histoire récente. RTE a rappelé qu’il avait assumé ses obligations.

Ils n’en sont pas venus aux mains. Auditionnés par la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, messieurs Brottes -président du directoire de RTE- et Jeantet -PDG de SNCF Réseau- sont restés très courtois, en dépit des alarmes d’Hervé Maurey, le président de la commission. Car le sujet est électrique… Le vendredi 27 juillet, un incendie avait détruit le poste électrique de RTE, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), privant de courant une partie du sud de la capitale, plusieurs communes limitrophes et la gare Montparnasse. A la veille d’un chassé-croisé estival majeur, l’une des plus grandes gares de France se voyait donc incapable de faire démarrer ses trains et 20.000 à 30.000 voyageurs ont dû annuler leur voyage. Deux mois plus tard, que sait-on des causes de l’incendie, de l’organisation de l'alimentation électrique du réseau ferroviaire et des pistes pour améliorer l’infrastructure? Pas grand-chose, en vérité.
SNCF fait profil bas
«Le scénario de la ruine totale n’était pas dans les tiroirs; maintenant, il y est», concède François Brottes. Après la description des installations disponibles ce jour là (trois lignes à haute tension, dont une seule a pu fonctionner après l’incendie, pour apporter environ 20% des besoins en électricité des trains), s’est posée la question des causes de l’incendie. L’audit interne «ne clarifie rien»; l’acte de malveillance semble toutefois écarté. La police judiciaire apportera peut-être une réponse, espère l’ex-député. RTE a-t-elle failli à ses obligations? Celles de fournir de l’électricité pendant plusieurs jours, certainement. Mais «il n’y a pas eu de défaillances de notre part concernant le contrat qui nous lie à notre client», a répété François Brottes. Et de rajouter que l’ajout d’un poste indépendant, qui aurait pu prendre le relais de celui de la sous-station d’Harcourt, «n’est pas une demande qui a été explicitée [par la SNCF]». Patrick Jeantet ne le contredit pas.
Réseau structurant sous doté
«Je ne considère pas que RTE a failli, j’espère qu’ils trouveront la cause de l’incident», déclare même le PDG de SNCF Réseau. L’entreprise travaille depuis quelque temps avec RTE pour revoir le schéma d’alimentation, «qui date du siècle dernier». Un chantier qui s’inscrit dans celui, plus vaste, de la régénération du réseau, dans lequel l’Etat a chroniquement sous-investi: 1 milliard par an entre 2000 et 2010 sur le réseau structurant (hors ‘petites lignes’), quand l’Allemagne dépensait 3 Md€ par an. En 2018, souligne Patrick Jeantet, ce budget montera à 2,7 Md€, pour atteindre 3,2 Md€ en 2022.
Gare de Lyon, un cul de sac
Mais où implanter une telle installation dans un Paris ultra-dense? «C’est quasi impossible», déplore François Brottes. Ce qui n’est pas de bon augure pour les gares ‘en cul de sac’, comme le RER C et la gare de Lyon. De toute façon, même si le PSG de SNCF Réseau avait l’emplacement et les sous pour faire construire un nouveau poste d’alimentation, le ferait-il seulement? Dans la liste des priorités, la signalisation et le remplacement des caténaires arrivent largement en premier. Tout le monde est bien désolé pour les voyageurs qui ont dû reporter ou annuler leur voyage. Mais côté infrastructures, et en dépit de trois pannes d’alimentation en une seule année, il semble peu probable que des travaux majeurs soient lancés sur ce front-là par la SNCF.

 



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