Six loups tués en France à l’été 2016

Le 24 août 2016 par Marine Jobert
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5 loups ont été tués à l'été 2016.
5 loups ont été tués à l'été 2016.
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Six canidés ont été tués, alors que les maires s’inquiètent désormais pour l’avenir du tourisme dans des alpages protégés par des chiens parfois offensifs. Le monde agricole est très mobilisé. Les effectifs de loups devraient bientôt être rendus publics.

Six loups ont été tués cet été dans le cadre du quota national de 36, fixé par l'arrêté ministériel du 5 juillet 2016. Le 12 juillet, une louve adulte est tuée dans le cadre d’un tir de défense renforcée par la brigade Loup de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) à Saint-Colomban-des-Villards (Savoie). Vers le 20 juillet, ce sont deux jeunes louves qui sont abattues sur la commune d’Isola (Alpes-Maritimes) par la même brigade. Le 15 août, deux loups sont ‘prélevés’ sur la commune de Séranon (Alpes-Maritimes), par des agents de l’ONCFS. Un 6ème loup était tué dans le Var au cours de l'été. Enfin, deux loups ont été tués de façon accidentelle (collision avec une voiture). Des chiffres tenus à jour par la Dreal Rhônes-Alpes-Auvergne sur son site.

Le 2 septembre prochain se tiendra une réunion du groupe Loup, au cours de laquelle seront enfin communiqués les effectifs des populations de loups. Des informations précieuses, sur lesquelles le ministère de l’environnement avait fait l’impasse pour publier l’arrêté du 6 juillet 2016 fixant un plafond (révisable) de 36 loups à abattre entre le 1er juillet 2016 et le 30 juin 2017.

Concilier pastoralisme et tourisme

Le 13 août, une promeneuse a été attaquée à Chichilianne (Isère). Mais pas par des loups: ce sont les chiens servant à garder des troupeaux (un patou et un beauceron) qui l’ont mordue abondamment. Le maire a apposé des panneaux pour alerter les promeneurs du danger à s’engager dans les alpages. Lors des rencontres pastorales qui se sont tenues le 20 août au col du Glandon (Savoie), une association inter-massifs regroupant des élus de 7 départements a justement souligné les difficultés des édiles à concilier activités touristiques et pastoralisme, dans le contexte des attaques lupines, rapporte France 3.

La mesure partait d’un bon sentiment: pour éviter d’effrayer les habitants des hauts du massif Vosgien, la préfecture avait communiqué les dates auxquelles l’ONCFS s’apprêtait à procéder au comptage des loups à l’aide de simulations sonores. Las, une vingtaine de militants pro-loup ont saturé les alentours de la route des Crêtes de bruits de casseroles, cors de chasse et autres cornes de brume, rapporte France Bleu Alsace. Leur objectif: troubler un comptage qui, selon eux, ne servirait qu’à pouvoir fixer le nombre de loups à abattre.

Arrêté lozérien suspendu

Délivrés depuis le 1er juillet 2016 et jusqu'au 30 juin 2017, 77 arrêtés de tirs de défense renforcée sont actuellement en vigueur sur le territoire, ainsi que 973 arrêtés de tirs de défense simple (comprenant ceux délivrés au cours de la période précédente). Deux arrêtés de tirs de prélèvement ont également été délivrés au 1er juillet 2016, ainsi que deux arrêtés pour des tirs de prélèvement renforcés. Dont celui décidé par le préfet de Lozère le 25 juillet, dans une zone où 12 attaques de troupeaux ont eu lieu en 2016 (dont 7 depuis début juin). Arrêté suspendu mi-août par le tribunal administratif de Nîmes (Gard) à la demande de 4 associations. Le juge des référés a estimé qu’il existe «un doute sérieux quant à la légalité de la décision» et souligné qu'«aucun élément précis et circonstancié ne permet de déterminer si, sur ce territoire limité, des tirs de défense ont réellement été mis en œuvre  par les exploitants ayant bénéficié d’une autorisation de les pratiquer».

Syndicats agricoles mobilisés

Après le blocage du viaduc de Millau le 14 juillet par des éleveurs et alors que le président de la FNSEA Xavier Beulin s’est rendu dans les Hautes-Alpes le 23 juillet pour visiter une exploitation victime d’attaques (ce que contestent plusieurs associations), la Confédération paysanne a demandé que les éleveurs du quart Nord-est soient également dotés d’une brigade d’intervention Loup sur leur territoire, à l’instar de leurs homologues du quart Sud-est. La zone a subi plus de 80 attaques et plus de 250 victimes pour les seuls départements des Vosges et Meurthe-et-Moselle en 2016 rappelle le syndicat agricole, qui estime que «tous les élevages pastoraux doivent être protégés par l'Etat indépendamment du poids économique qu'ils représentent». A Soncourt (Vosges), un éleveur qui avait subi une quinzaine d’attaques sur ses ovins a d’ailleurs été autorisé à procéder à des ‘tirs de défense’ le 28 août.



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