Six ans après, une nouvelle pollution radioactive est détectée en Europe

Le 20 février 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Station de prélèvement d'aérosols radioactifs du réseau OPERA-Air.
Station de prélèvement d'aérosols radioactifs du réseau OPERA-Air.
IRSN

Personne ne sait qui a relâché de l'iode radioactive en Europe, ces dernières semaines.

 

Personne n’a rien vu, rien senti. Sauf les techniciens du réseau européen de surveillance de la radioactivité dans l’air (Ring of Five). Dans la deuxième semaine de janvier, l’alerte est donnée dans l’extrême nord de la Norvège: des traces d’iode 131 sont détectées dans l’air.

D’autres observations du même type suivront, deux semaines durant, en Finlande, Pologne, République tchèque, Allemagne, Espagne et en France, indique un communiqué de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

L’iode 131 est un radionucléide dont la période radioactive est courte (8,04 jours). Sa détection atteste d’un rejet relativement récent. D’où vient-il? Nul ne le sait encore.

Modélisation difficile

Mais les suspicions vont bon train. «Nous menons l’enquête, confirme Jean-Christophe Gariel. Celle-ci consiste essentiellement à inverser la trajectoire du panache d’iode pour tenter d’en localiser la source d’émission. Mais compte tenu de la météo de ces dernières semaines, cela ne sera pas facile de modéliser les trajectoires du panache», précise le directeur de l’environnement à l’IRSN.

En France, les niveaux d’iode 131 n’ont pas dépassé 0,31 microbecquerel par mètre cube d’air (µBq/m3), indique l’IRSN, soit mille fois moins que les niveaux enregistrés à la suite de la catastrophe de Fukushima en 2011.

Vu le type de pollution radioactive, les centrales nucléaires sont déjà écartées de la liste des suspects potentiels. «Nous n’avons détecté que de l’iode. S’il y avait eu un accident, comme dans le cas de Tchernobyl ou de Fukushima, nous aurions vu d’autres produits de fission, comme le césium.»

Parmi les pistes les plus suivies: celle d’un fabricant de radio-isotope pour la médecine nucléaire (radiographie), peut-être situé en Europe de l’Est. Un épisode qui ressemble à s’y méprendre à celui de novembre 2011. Un relâchement, parfaitement légal et inoffensif, d’iode radioactif par l’Institut des isotopes de Budapest (Hongrie) avait déjà mis en émoi la communauté européenne de la radioprotection.

 



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