Sivens: Royal presse Albi d’abandonner le projet de barrage

Le 04 mars 2015 par Stéphanie Senet
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Le conseil général du Tarn devrait se décider le 6 mars
Le conseil général du Tarn devrait se décider le 6 mars

Après avoir annoncé, le 16 janvier, qu’elle préférait les deux solutions alternatives au projet initial de barrage de Sivens mis au point par le conseil général du Tarn, la ministre de l’écologie presse Albi de prendre sa décision.

 

Présidée par le socialiste Thierry Carcenac, l’assemblée départementale doit en effet se réunir le 6 mars pour débattre de l’avenir du projet dont il est le maître d’ouvrage, et procéder au vote.

Ségolène Royal lui suggère d’abandonner au plus vite l’idée initiale de construire une retenue d’eau de 1,5 million de mètres cubes, chèque à l’appui. «Je me suis engagée à ce que l’Etat vous accompagne pour solder financièrement les opérations déjà mises en œuvre au titre du projet et qui ne pourront pas être redéployées pour réaliser le nouveau projet», a-t-elle écrit au département du Tarn, selon l’AFP. Cette indemnisation serait versée en contrepartie de l’abandon définitif des travaux et de tout recours contre l’Etat.

Dans un courrier adressé aux 46 conseillers généraux, le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet demande, lui aussi, que l’abandon du projet initial soit acté. Mais contrairement au ministère de l’écologie, il refuse de se prononcer pour l’une des deux alternatives préconisées par le rapport des experts du CGEDD[1]. Soit la création d’un réservoir ou de quatre retenues, dont le volume total est réduit de moitié (750.000 m3).

 

Poursuivre les travaux au sein d’un comité de pilotage

L’association milite au contraire pour que le conseil général prenne le temps d’étudier d’autres solutions, en mettant en place un comité de pilotage. Le CGEDD préconisait déjà «la création d’une instance locale de pilotage et d’une commission locale de l’eau».

Selon Françoise Blandel, du Collectif, la priorité est «de permettre aux agriculteurs d’assurer la saison d’irrigation 2015 (en se tournant vers les retenues collinaires existantes, qui sont sous-utilisées) et de démarrer la réhabilitation de la zone humide, pour restaurer au plus vite ses fonctionnalités hydrauliques: rebouchage de fossés drainants, remise en état des ruisseaux des versants, etc.».

 

Utiliser les retenues collinaires existantes

Dans un deuxième temps, le Collectif demande le lancement d’études approfondies pour revoir le volume de substitution pour l’irrigation. Selon lui, il faut surtout maximiser les volumes venant des retenues collinaires existantes. «C’est la solution la plus rapide, la moins chère et la moins impactante pour l’environnement», conclut l’association.

Bruxelles a ouvert le 26 novembre une procédure d’infraction contre la France pour non-respect de la directive-cadre sur l’eau. La Commission européenne juge que «l’étude d’impact environnemental est déficiente, ne répondant pas aux conditions requises pour la masse d’eau concernée». Une procédure qui suspend tout financement du fonds européen Feader[2], alors qu’il devait représenter 30% du budget initial estimé à 8,4 millions d’euros HT. L’abandon du projet de barrage la rendrait automatiquement caduque.



[1] Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD)

[2] Fonds européen agricole pour le développement rural

 



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