Sivens: les négociations sont lancées

Le 05 novembre 2014 par Stéphanie Senet
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Pour la première fois, tous les acteurs se sont retrouvés autour de la même table, le 4 novembre, au ministère de l'écologie
Pour la première fois, tous les acteurs se sont retrouvés autour de la même table, le 4 novembre, au ministère de l'écologie

Après sa suspension officielle, le 31 octobre, par le Conseil général du Tarn, le dossier du barrage de Sivens est aussitôt arrivé au ministère de l’écologie. Il a donné lieu à une première réunion, le 4 novembre, avec l’ensemble des acteurs du projet: élus locaux, préfets, agence de l’eau, associations environnementales (FNE et Collectif de sauvegarde de la zone humide du Testet), représentants des agriculteurs (Confédération paysanne et chambres d’agriculture) et experts (Nicolas Forray et Pierre Rathouis, auteurs d’un rapport très critique, publié le 27 octobre par le CGDD).

 

La ministre de l’écologie avait tout d’abord proposé de rencontrer chaque partie prenante de façon individuelle mais «chacun a voulu être ensemble autour de la table, ce qui est déjà la marque d’une volonté d’avancer», a déclaré Ségolène Royal à l’issue de la réunion.

Sans surprise, les agriculteurs ont redemandé la réalisation du barrage mais se disent prêts à revoir les volumes d’eau nécessaires avec les autres acteurs, et notamment les associations environnementales, et les habitants.

De leur côté, les associations de défense de la zone humide ont réaffirmé leur opposition au barrage mais ne sont pas hostiles à l’élaboration d’autres ouvrages conciliant l’agriculture et l’environnement, estime le ministère.

Enfin, le conseil général a redit son impossibilité de poursuivre le chantier dans les conditions actuelles, appelant l’Etat à prendre ses responsabilités pour qu’une solution pérenne soit trouvée.

La ministre de l’écologie s’est toutefois déjà prononcée en faveur de certaines issues de sortie. «Il y aura une solution, il y aura un ouvrage qui sera fait», a-t-elle déclaré. Elle a décidé de mandater trois nouveaux experts (un hydrologue, un agronome et un spécialiste de la biodiversité) pour trouver avant la fin de l’année des solutions alternatives au projet actuel de construction d’un barrage-réservoir d’1,5 million de mètres cubes. Cette nouvelle expertise débutera en fin de semaine prochaine. Première hypothèse: le barrage est maintenu, avec un volume revu à la baisse et des compensations environnementales revues à la hausse. Deuxième hypothèse: un ouvrage alternatif est conçu plus en aval, «avec un système de bassins assurant l’irrigation et l’étiage, ce qui est plus conforme à ce qui se construit aujourd’hui», selon le ministère.

Enfin, un comité de l’usage de l’eau est mis en place au niveau local, associant les différents acteurs, dont les citoyens, à la gestion de la ressource en eau.

 

Couac sur l’évacuation du site

 

Satisfait qu’un processus de négociations ait enfin été lancé, après deux ans de demandes sans réponse, le porte-parole du Collectif de sauvegarde de la zone humide du Testet a toutefois averti que les associations refusaient de relayer l’appel de la ministre d’évacuer le site du chantier. «Il faut saisir l'opportunité de rediscuter de l'usage de l'argent public et définir les meilleurs moyens de garantir les revenus agricoles sur le bassin du Tescou, y compris en apportant des solutions à ceux qui ont des problèmes d'eau», a ajouté Ben Lefetey. «Mais c’est aux pouvoirs publics de discuter avec les occupants de la ZAD pour connaître les conditions de leur départ.»

Plus ferme, le porte-parole de France Nature Environnement estime que la déclaration finale de la ministre de maintenir un ouvrage et d’appeler à l’évacuation «peut être vécu comme une provocation», affirme au JDLE Benoît Hartmann. «Si on veut arrêter l’incendie allumé avec la mort de Rémi Fraisse, il faut tout simplement abandonner le barrage et redéfinir le projet que l’on souhaite pour le territoire. A l’heure du changement climatique, et alors qu’un tiers des surfaces de maïs ont déjà été abandonnées parce que trop gourmandes en eau, il n’est peut-être pas inutile de privilégier les cultures plus résilientes, comme le sorgho, tout en assurant qu’aucune zone humide ne sera détruite», poursuit-il. Quant à l’occupation de la zone, le porte-parole de FNE rappelle qu’elle a permis d’arrêter la destruction de la zone humide du Testet et d’ouvrir des négociations avec le ministère de l’écologie.

 



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