Sites pollués et écosystèmes

Le 18 mars 2005 par Christine Sevillano
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La France semble en retard sur l'évaluation des risques pour les écosystèmes sur les sites pollués, même si des expériences ont déjà été mises en œuvre. Jacques Bureau de l'Ineris a présenté la démarche de travail adoptée ainsi qu'un premier retour d'expérience.

Le 17 mars, une journée d'information et d'échanges sur l'évaluation des risques pour les écosystèmes, organisée par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), a exposé les démarches française et québécoise sur l'évaluation des risques pour les écosystèmes sur les sites pollués. La France semble en retard, notamment par rapport au Québec. «Nous avons quelques expériences sur des installations classées mais elles sont limitées, ce qui ne nous permet pas de les inclure comme outil de gestion», affirme Thomas Joindot, chef du bureau pollution et des sols au ministère chargé de l'environnement.

Les experts français ont toutefois déjà fait un travail important, comme l'a montré Jacques Bureau de la direction des risques chroniques, à l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris): «L'objectif est de protéger les espèces biologiques et l'écosystème contre les agents stresseurs». En clair, les polluants. La première étape de cette évaluation consiste à formuler le problème en caractérisant l'écosystème et les agents stresseurs. Cette démarche permet de déterminer les paramètres de l'évaluation et les hypothèses de perturbation de l'écosystème. «Il faut être attentif à choisir les espèces sensibles ayant un rôle important dans le fonctionnement de l'écosystème», explique Jacques Bureau. L'évaluation des expositions s'effectue avec des outils comme la métrologie qui permet d'intégrer la complexité des phénomènes physiques, chimiques et biologiques. Autre méthode complémentaire: la modélisation, qui donne une représentation sur le long terme et peut simuler des situations. Les experts doivent également déterminer les concentrations et les doses d'exposition avant la caractérisation du risque, phase finale de l'évaluation du risque écologique. Il s'agit alors de quantifier et de qualifier le risque, afin d'aider les décideurs qui ne devront pas non plus négliger les éventuels facteurs d'incertitude.

Une évaluation grandeur nature a eu lieu dans l'Est de la France sur une ancienne raffinerie de pétrole de 150 hectares démantelée dans les années 40. La volonté de certains promoteurs de redéployer ce site en activités touristiques et thermales l'a remis au goût du jour et une pollution aux métaux et aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) a été révélée. Les premières constatations laissaient apparaître une flore diversifiée, sur laquelle s'étaient même développées des activités de chasse. Des équipes pluridisciplinaires ont été formées pour caractériser et cartographier les végétations et les espèces animales présentes. Cet environnement a été comparé avec celui d'un site témoin grâce à des indices de mesures. Résultat: neuf peuplements de végétations ont été mis à jour et aucune dégénérescence au niveau des tissus végétaux n'a été relevée, et ce malgré la présence de traces d'hydrocarbures autour des espèces. «Elles se sont développées en périphérie des points noirs de pollution et cette végétation est assez semblable à celle qu'on trouve sur les anciens sites industriels ou sur les bordures de routes. En somme la pollution présentait peu de risques pour l'écosystème», conclut Jacques Bureau.

 




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