Simplification administrative: supprimer une commission… et la ressusciter

Le 08 avril 2013 par Marine Jobert
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Le Geoc a effectué, en 2011, une présentation scientifique sur l’ouette d’Egypte devant le groupe international sur les oies.
Le Geoc a effectué, en 2011, une présentation scientifique sur l’ouette d’Egypte devant le groupe international sur les oies.
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Il y a des annonces qui ont le pouvoir de mettre le feu aux esprits. Ainsi de celle contenue dans la dernière communication du comité interministériel pour la modernisation de l’action publique, le 2 avril dernier: 101 commissions consultatives seraient supprimées ou fusionnées, «afin de mettre un terme à l’inflation de leur nombre», selon les termes de Matignon. Parmi ces commissions, exit le Groupe d’experts sur les oiseaux et leur chasse (Geoc). Créée en 2009, cette structure comptait 9 experts du CNRS, de l’université de la Rochelle, du Muséum national d’histoire naturelle, et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, et des scientifiques. «Elle avait vocation à donner le point de vue de la science afin que l’administration se prononce sur la réglementation cynégétique», précise dans un communiqué un bouquet d’associations furieuses de cette suppression. «Souvent sollicité par le ministère de l’écologie, ce comité scientifique se réunissait, plusieurs fois par an, pour éclairer les décisions dans un contexte tendu entre chasseurs et protecteurs», rappelaient la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Humanité et biodiversité, France Nature Environnement et Agir pour la biodiversité. Une décision prise sans informer, et encore moins consulter, le ministère de l’écologie, selon les associations. «[Nous estimons] que la suppression du Geoc constitue une insulte à la communauté scientifique, un mépris des accords et une incohérence de gouvernance», concluaient les associations.

 

En tête de la contestation, Allain Bougrain Dubourg, le président de la LPO: «J’étais fou de rage. J’ai appelé le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) qui m’a précisé que le Geoc n’allait pas assez vite et qu’il ne donnait pas satisfaction dans ses recommandations», raconte-t-il au Journal de l’environnement. Et puis Matignon s’est ravisé. Et le Geoc a été ressuscité. «Le groupe d’experts sur les oiseaux et leur chasse est maintenu», précise un communiqué des services du Premier ministre, qui rend hommage à ce comité scientifique «[qui] répond aux besoins d’expertises réclamées tant par le monde cynégétique que par les associations de protection de l’environnement. A ce titre, il a fait preuve d’une plus-value importante dans la conduite des politiques publiques».

 

Une reconnaissance qui fait grincer des dents Allain Bougrain Dubourg. Il constate, à l’instar d’autres représentants d’associations [JDLE], que la protection de la faune sauvage n’a pas l’heur de focaliser autant les représentants de l’Etat. «Au téléphone, le président de la FNC [Bernard Baudin] a très aimablement souligné qu’il déjeunait tous les mois à Matignon pour porter le message des chasseurs, s’étonne le président de la LPO. Les associations de protection de la nature, elles, n’y ont pas leur rond de serviette.» Et de citer tous les dossiers –agence de la biodiversité, trame verte et bleue, projet de réserve naturelle dans l’estuaire de la Loire- qui clivent de plus en plus les rapports avec l’Etat et le monde cynégétique. «Je voudrais qu’on me cite une seule espèce protégée que les chasseurs acceptent de défendre», conclut Allain Bougrain Dubourg.

 

Contactée, la FNC n’a pas donné suite à notre demande.



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