Siemens : une vraie-fausse sortie du nucléaire ?

Le 19 septembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Siemens a aussi construit la centrale d'Atucha-1 en Argentine.
Siemens a aussi construit la centrale d'Atucha-1 en Argentine.
siemens

Le groupe allemand a annoncé, dimanche 18 septembre, la cessation de ses activités atomiques. Un vrai-faux scoop.

C’est la grande nouvelle énergétique du week-end dernier. Dans un entretien accordé dimanche au Spiegel, le patron de Siemens annonce son retrait de l’énergie nucléaire.
 
«Nous ne nous impliquerons plus dans la gestion totale de la construction de centrales nucléaires ou dans leur financement. A l’avenir, nous continuerons à livrer des pièces conventionnelles, comme des turbines à vapeur (…), que l’on trouve aussi dans les centrales à gaz ou à charbon», a indiqué Peter Löscher, le nouveau patron autrichien du conglomérat allemand.
 
Fracassante en apparence, la nouvelle était dans les tuyaux depuis plusieurs mois déjà. Elle n’a d’ailleurs pas semblé intéresser les investisseurs. A la bourse de Francfort, le cours du groupe basé à Munich n’a pas cillé, lundi. Et les raisons de cette atonie boursière sont plurielles.
 
Malgré un accord de coopération, signé en mars 2009, avec l’agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom) pour l’amélioration et la commercialisation à l’étranger de la technologie à eau sous pression russe (les VVER), l’activité nucléaire de Siemens appartient à son passé. Sa filiale nucléaire, KWU a, certes, livré une vingtaine de réacteurs, notamment en Allemagne. Mais le gros de cette activité s’est arrêté à la fin des années 1970.
 
Siemens était remonté dans le train atomique en fusionnant ses activités avec celles d’Areva, pour former Areva NP. Hélas, devant le refus des autorités françaises et d’Anne Lauvergeon, la patronne d’alors du groupe français, de voir Siemens monter dans le capital de leur filiale commune, l’entreprise allemande avait divorcé avec pertes et fracas, en janvier 2009. C’est à la suite de ce divorce franco-allemand que Siemens s’était rapproché de Rosatom. Ce changement de partenaire avait coûté fort cher à l’Allemand. La co-entreprise germano-russe ne vit jamais le jour. Et d’autre part, Areva fit condamner, en mai dernier, son ancien partenaire à 648 millions d’euros de pénalités pour violation du pacte d’actionnaires.
 
Bref, ni le cœur ni l’activité n’y étaient plus. D’autant qu’au moment où le tribunal arbitral rendait sa sentence, le gouvernement d’Angela Merkel annonçait la sortie du nucléaire. Ralentie à l’étranger à la suite de la crise économique et de la catastrophe de Fukushima, l’activité atomique s’éteignait totalement sur le marché domestique. La messe était dite. Déjà réduite à sa portion congrue, la liquidation de l’activité nucléaire s’annonçait inévitable.
 
A la place, le groupe bavarois fera, bien sûr, des énergies renouvelables, Peter Löscher entendant faire de son entreprise un géant mondial du secteur. Certes. Cependant, les activités solaires ou éoliennes ne «pèsent» pour l’instant que 4,4% de l’Ebitda du groupe. Contre plus de 16% pour la construction et la maintenance de centrales thermiques classiques.
 
Pour autant, Siemens n’en a pas tout à fait fini avec l’atome. Le groupe reste l’un des principaux constructeurs mondiaux de turbines. Des engins énormes qui peuvent aussi bien être couplés à des chaudières thermiques qu’à des chaudières nucléaires. C’est d’ailleurs l’une d’entre elle qui équipe le premier EPR, en cours de construction à Olkiluoto (Finlande). Gageons qu’il y en aura d’autres.


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