Sidney: appel à mieux protéger les aires terrestres et marines

Le 13 novembre 2014 par Stéphanie Senet
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Si la couverture des aires protégées s'est étendue, leur intérêt pour la biodiversité et leur gestion doivent être améliorés
Si la couverture des aires protégées s'est étendue, leur intérêt pour la biodiversité et leur gestion doivent être améliorés

Au niveau mondial, 15,4% des zones terrestres et des eaux intérieures et 3,4% des océans sont protégés, indique un nouveau rapport publié ce 13 novembre par le Pnue[1], à l’occasion du congrès mondial des parcs de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui s’est ouvert le 12 novembre à Sidney.



[1] Programme des Nations unies pour l’environnement

 

Comme l’avait déjà affirmé le rapport onusien GBO-4 présenté le 4 octobre dernier, l’un des objectifs d’Aichi (ciblant 17% de zones terrestres protégées en 2020) est donc en passe d’être atteint. En revanche, il sera difficile de comptabiliser 10% d’aires marines protégées à la même échéance.

Ce sont pourtant ces zones dont la surface a le plus augmenté depuis 2010: 6 millions de kilomètres carrés supplémentaires (autour de l’Australie, de la Nouvelle-Calédonie, de la Géorgie du Sud) contre 1 Mkm2 seulement pour les zones terrestres, selon ce nouvel opus, réalisé par le centre mondial de surveillance de la conservation de la nature (WCMC) du Pnue[1]. Aujourd’hui, la moitié des zones marines sous protection sont situées dans l’océan Pacifique. A noter que la protection est plus forte dans les eaux côtières (10,9% au niveau mondial) et dans les eaux relevant d’une juridiction nationale (8,4%).

 

Une protection mais laquelle?

Cette couverture n’est pas synonyme de protection efficace. Selon le rapport du Pnue, il n’est pas sûr que ces aires protégées soient situées dans des zones d’importance particulière pour la biodiversité et les services écosystémiques, qu’elles soient administrées efficacement et équitablement et qu’elles soient bien connectées. Sans une amélioration de la gestion de ces aires protégées, l’objectif d’Aichi ne sera donc pas pleinement atteint pour les zones terrestres.

«En 10 ans, on a doublé les espaces protégés mais c’est encore insuffisant», résume Gilles Bœuf. «S’il existe un effet réserve pour la biodiversité marine, c’est moins vrai pour la biodiversité terrestre. Mais le milieu marin est fortement exposé à l’acidification des océans, la première de nos préoccupations en tant que scientifiques», ajoute le président du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN).

Autre point noir: le manque de financement durable. L’investissement nécessaire à la gestion d’un réseau d’aires protégées couvrant les sites importants pour la faune en 2020 s’élève pourtant à 76,1 milliards de dollars par an (61 M€) selon le rapport du Pnue.

Vendredi 14 novembre, une liste verte de zones protégées de l’UICN sera officiellement annoncée, selon Sébastien Moncorps, directeur du comité français. «Cette liste a pour objectif de contrôler la protection effective de zones prioritaires, en fonction de plusieurs indicateurs comme l’identification des objectifs de protection, la délimitation de la zone, sa gouvernance, l’implication des parties prenantes, le contenu du plan de gestion et les moyens mis en œuvre», ajoute-t-il. Une vingtaine de sites seront concernés, touchant 8 pays dont la France.

 



[1] En partenariat avec l’UICN et financé par l’Office fédéral suisse de l’environnement (Ofev)

 



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