Shell signe un nouvel accord pour ses pollutions au Nigeria

Le 07 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
6 ans ont été nécessaires pour trouver un accord
6 ans ont été nécessaires pour trouver un accord

 

Le groupe pétrogazier a annoncé, ce mercredi 7 janvier, la conclusion d’un accord portant sur des compensations à des pêcheurs nigerians, suite à deux pollutions pétrolières survenues en 2008.

La filiale nigériane du géant néerlando-britannique, SPDC, a accepté de verser 35 millions de livres (44,6 M€) aux plaignants, des pêcheurs de Bodo, une ville du sud du pays, et 20 M£ (25,5 M€) à la municipalité de Bodo, ont indiqué Shell et le cabinet d'avocats londonien Leigh Day, qui défendait le dossier des pêcheurs.

Cet accord à l'amiable, qui met fin à une bataille juridique de trois ans, permet au géant pétrolier d'éviter un procès devant la Haute Cour de Londres qui avait été programmé pour mai 2015.

Les compensations ont été versées aux avocats des plaignants. Chacun des 15.600 pêcheurs qui réclamaient une compensation pour les pertes subies à cause de la pollution provoquée par deux fuites dans le pipeline du groupe dans le delta du Niger recevra 2.200 £ (2.806 M€): l'équivalent d'environ trois années de salaire minimum au Nigeria, estime Leigh Day.

SPDC avait reconnu en novembre dernier avoir minimisé l'importance des fuites, qui avaient été estimées à 4.144 barils. Le groupe pétrolier n'avait cependant pas donné de nouveau chiffre.

Amnesty International a estimé pour sa part que la première des deux fuites de 2008 avait été de plus de 100.000 barils. Et Leigh Day a évoqué un total de quelque 600.000 barils pour les deux fuites.

SPDC a déclaré que ces fuites étaient «très regrettables», mais que la plus grande partie de la pollution pétrolière dans la région du delta du Niger était causée par les vols de pétrole et le raffinage clandestin.

Indépendamment de l'accord annoncé mercredi, SPDC s'est engagé à nettoyer la zone polluée par les fuites de 2008. Ce nettoyage devrait commencer dans deux ou trois mois.

Le chef Sylvester Kogbara, qui préside le conseil des chefs et des anciens de Bodo, a déclaré que sa communauté était heureuse qu'un accord ait enfin été conclu.

Le Nigeria est le plus gros producteur de brut d'Afrique. Des décennies de fuites ont causé une pollution massive dans le delta du Niger.

Très en pointe dans cette affaire, Amnesty International regrette le manque d’entrain de la multinationale à reconnaître ses torts. «Si cette décision est une victoire très attendue par les milliers de personnes ayant perdu leurs moyens de subsistance à Bodo, le versement d'une indemnisation un tant soit peu équitable n'aurait pas dû prendre 6 ans» estime, dans un communiqué, Audrey Gaughran, directrice du programme Thématiques mondiales à Amnesty International.

«Dans les faits, Shell savait qu'un accident finirait par arriver à Bodo. L'entreprise n'a pris aucune véritable mesure pour le prévenir, puis elle a fait de fausses déclarations sur la quantité de pétrole qui s'est répandue. Si Shell n'avait pas été contrainte à révéler cette information dans le cadre de l'action en justice engagée au Royaume-Uni, la population de Bodo aurait été complètement escroquée.»



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus