Shell en Arctique: l’heure de l’inspection

Le 09 janvier 2013 par Marine Jobert
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Glace souillée en Norvège après la fuite d'un cargo.
Glace souillée en Norvège après la fuite d'un cargo.
Jon Terje Hellgren Hansen/Greenpeace

L’administration Obama vient d’exiger une remise à plat complète des projets de forage de Shell dans l’Arctique. Objectif: évaluer si Shell a les capacités techniques de faire face aux risques environnementaux particulièrement délicats que pose, dans cette zone aux conditions météorologiques et physiques extrêmes, l’exploitation pétrolière. «Une révision de haut niveau nous aidera à renforcer la suite de notre programme d’exploration en Alaska», a déclaré l’un des porte-parole de Shell. C’est un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé de la compagnie anglo-néerlandaise, qui a déjà dépensé des millions de dollars dans l’aventure arctique.

Non content de devoir passer sous les fourches caudines du département intérieur américain (l’inspection devrait durer 60 jours), Shell devra aussi répondre aux questions des gardes-côtes. Ceux-ci vont mener leurs propres investigations sur les conditions dans lesquelles Kulluk -une plate-forme de forage essentielle dans la campagne arctique en cours- s’est échouée le 31 décembre dernier sur une île inhabitée d’Alaska, après avoir rompu ses liens, en pleine tempête, avec les navires qui la remorquaient. Un accident qui faisait suite à toute une série de déconvenues pour Shell, qui a dû essuyer coup sur coup l’incendie d’un moteur, l’endommagement d’un matériel essentiel en cas d’explosion d’un puits pendant le forage, et l’échouage d’un bateau cet été.

Du côté des associations écologistes, on se félicite de cette inspection, sans trop se faire d’illusion sur son issue. «Nous espérons que l’administration Obama prendra la bonne décision avant qu’il ne soit trop tard», déclare Travis Nichols, de Greenpeace USA au Journal de l’environnement. Car les ONG continuent de réclamer un moratoire sur les forages en Arctique et la sanctuarisation de la zone, qui court sur 5 pays-. «Pour Shell», écrit Michael Brune, le directeur exécutif du Sierra Club, «2012 a été une année calamiteuse, qui démontre pourquoi le pétrole ne peut pas être extrait en toute sécurité de l’océan Arctique». Greenpeace France liste sur son site internet «les 8 raisons pour lesquelles on ne peut pas faire confiance à Shell en Arctique», qui portent essentiellement sur les conséquences environnementales d’une fuite dans cette zone écologiquement sensible.

«Les projets en Arctique ont connu pas mal d’abandons depuis trois ans», rappelle Anne Valette, chargée de campagne Climat pour Greenpeace France. Pour la seule année 2012, l’Ecossais Cairn Energy a jeté l’éponge au Groenland faute de découvertes pétrolières suffisantes et après avoir dépensé un milliard de dollars. Le Russe Gazprom a abandonné l’été dernier le projet Prirazlomnoye en mer de Pechora, la baisse de la demande pétrolière sur les marchés européens ne couvrant pas le coût des forages. L'Arctique pourrait renfermer 13% des ressources de pétrole mondiales non découvertes (soit 90 milliards de barils, ou trois ans de consommation mondiale).

Sur le site internet de sa plate-forme de forage Kulluk, Shell annonce la couleur: «Dans l’éventualité la plus improbable que quelque chose ne fonctionne pas correctement, le plan de nettoyage de Shell est à nul autre pareil. Personne n’a encore totalement déterminé comment nettoyer une fuite de pétrole dans de la glace. Mais c’est exactement le genre de défi que nous aimons».

 



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