Ses forêts redonnent le sourire au Brésil

Le 11 décembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Les forêts brésiliennes pourraient absorber près de 600 MtCO2/an.
Les forêts brésiliennes pourraient absorber près de 600 MtCO2/an.
Olivier Hirt

Grâce au recul des tronçonneuses, la forêt brésilienne absorbe plus de la moitié de ses émissions carbonées.

 

Le Brésil a d’ores et déjà rempli son contrat climatique. Selon une étude diffusée lundi 10 décembre pendant la COP 24 par le ministère fédéral brésilien, la réduction de la déforestation des massifs du plus grand pays d’Amérique latine a accru le puits de carbone national.

Publiés en 2015, ses engagements volontaires (INDC) prévoient de réduire de 43% les émissions entre 2005 et 2030, essentiellement grâce à la capacité d’absorption du carbone de ses forêts. Brasilia proposant, en outre, aux pays les plus industrialisés de financer sa lutte contre la déforestation.

1,3 milliard de tonnes absorbées

Nous n’en sommes pas là. Mais les statistiques brésiliennes sont triomphantes. Entre août 2017 et juillet 2018, annonce Edson Duarte, actuel ministre de l’environnement, les forêts du bassin de l’Amazone, de l’Etat du Cerrado ont absorbé l’équivalent de 750 millions de tonnes de CO2. A quoi s’ajoute la nouvelle utilisation des terres agricoles (afforestation, par exemple) qui a permis d’éponger 538 Mt d’émissions carbonées. Une bonne nouvelle en partie expliquée par le recul de 11% de la déforestation du Cerrado l’année passée.

Plus de la moitié des émissions brésiliennes

A ce rythme, poursuit Edson Duarte, la plus grande forêt du monde retirera de l’atmosphère 3,89 Mdt CO2 entre 2016 et 2018: 56% des émissions brésiliennes prévisibles.

Paradoxalement, le futur ministre brésilien de l’environnement ne se réjouit pas de cette bonne nouvelle. Riccardo Salles, qui doit entrer en fonction en janvier prochain, estime que le changement climatique est un problème «secondaire». Sa priorité sera de faciliter le travail de l’agro-industrie, dont il fut l’un des lobbyistes. Ce qui devrait fortement réduire le puits de carbone qu’il a pour mission de préserver.

Avec 2,3 Mdt de gaz à effet de serre émis en 2016 (+8,9% par rapport à 2015), le Brésil est le 7e émetteur mondial. Directement et indirectement, l’industrie agro-alimentaire est à l’origine des trois quarts de ces rejets.



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