Services publics d’eau et d’assainissement : les dernières statistiques

Le 13 décembre 2010 par Célia Fontaine
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Entre 2004 et 2008, la consommation domestique d’eau en France a baissé, la gestion en régie s’est développée, et les écarts de prix entre régie et délégation se sont réduits. C’est ce qu’indique une enquête publiée le 10 décembre dans le cadre de l’observatoire des services publics d’eau et d’assainissement.

 

Réalisée par le Service des statistiques et de la prospective (SSP) du ministère de l’agriculture et par le Service de l’observation et des statistiques (SOeS) du ministère de l’écologie[1], l’enquête montre que les communes se regroupent toujours davantage dans le cadre de l’intercommunalité pour assurer les services d’eau, et de manière plus marquée pour l’assainissement que pour l’alimentation en eau potable. « Cependant, la tendance observée depuis 1998 à les confier au secteur privé s’infléchit entre 2004 et 2008, avec une augmentation de la gestion en régie », note le document. Au total, 72 % de la population disposant d’un service d’assainissement collectif l’ont en organisation intercommunale ou mixte. 48 % ont un service géré en régie.

 

En ce qui concerne le tarif du mètre cube d’eau, les disparités sont encore grandes en France. En moyenne, celui-ci s’élève en 2008 à 3,39 euros le mètre cube[2] dans les communes pourvues d’un assainissement collectif. Il se décompose en 1,51 €/m3 pour l’eau potable, 1,35 € pour l’assainissement, le reste (0,53 €) constituant les redevances (principalement redevances pollution, modernisation des réseaux de collecte, prélèvement sur la ressource en eau). On peut dire que la facture d’eau domestique en 2008 s’élève à 183 euros par personne et par an.

 

« De 2004 à 2008, le prix moyen augmente de 3,3 % par an, plus rapidement que la hausse de 1,9 % par an de l’indice des prix à la consommation de l’ensemble des ménages », expliquent Françoise Le Jeannic, Cyril Gicquiaux et Patrice Gre?goire, qui ont rédigé le rapport.

 

La hausse la plus sensible concerne le prix de l’assainissement (+3,7 % par an entre 2004 et 2008). En cause, l’amortissement des coûts de mise aux normes progressive des stations d’épuration selon la législation européenne, ainsi que l’extension de l’assainissement collectif. Ceci explique les disparités observées entre les communes, bien que d’autres facteurs soient en cause, comme la disponibilité et l’origine de la ressource en eau (souterraine, superficielle), les traitements de potabilisation, la longueur des réseaux de distribution d’eau, etc. « Ainsi les départements de la Réunion, la Guyane, les Alpes-de-Haute-Provence, l’Ain, le Cantal et le Jura présentent un prix inférieur en moyenne à 2,50 € par m3, tandis que les prix supérieurs à 4 € par m3 se trouvent en Seine-et-Marne, dans les départements bretons, la Manche, en Vendée, ainsi qu’en Guadeloupe et Martinique », révèle l’enquête.

 

Les ménages ont réduit leur consommation d’eau. Celle-ci s’établit en moyenne à 151 litres par jour et par habitant en 2008, contre 165 l en 2004, soit une diminution de plus de 2 % par an. « Cela traduit une inversion de tendance par rapport à l’augmentation de 1 % par an enregistrée entre 2001 et 2004 », note le rapport.

 

Quant à la longueur du réseau de distribution d’eau potable, de l’usine de potabilisation au compteur de l’usager, elle s’établit à 906.000 kilomètres en 2008, contre 877.000 en 2004. Cette différence s’explique pour les trois quarts par l’extension de réseaux existants (15.000 km), à de nouveaux lotissements par exemple, et par la création de 80 nouveaux services de distribution (6.000 km).

 

Enfin, bonne nouvelle du côté du taux de perte d’eau sur le réseau, puisque celui-ci continue de diminuer. En moyenne, il s’établit à 21,9 %[3] en 2008, contre 23,7 % en 2004, alors que la population desservie a augmenté.



[1] L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 5.215 communes (métropole et Dom, y compris Mayotte pour la première fois). Elle fait suite aux enquêtes qui portaient sur les années 1998, 2001 et 2004, et elle a été financée en partie par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema)

 

[2] pour une consommation annuelle de 120 m3, en métropole et Dom

[3] rapport de l’ensemble des pertes (volumes pour l’entretien des réseaux inclus), aux volumes mis en distribution



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