Serd: le réemploi fait de la résistance

Le 25 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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La Semaine européenne de réduction des déchets (SERD), qui prend fin le 27 novembre, a placé le réemploi au rang des actions majeures pour réduire le poids de nos poubelles. Le hic: les Français le connaissent mal, et le pratiquent peu…

La troisième édition de la Serd se déroule du 19 au 27 novembre dans 20 pays européens. Ce rendez-vous annuel a pour objectif de sensibiliser les citoyens à la réduction de leurs déchets, qui pèsent de plus en plus lourd: en moyenne 524 kilogrammes par an et par habitant (1).

 
En France, le Grenelle I a fixé un objectif d’allègement de 7% des ordures ménagères et assimilées (OMA) entre 2009 et 2014. La Serd représente donc l’occasion de faire une piqûre de rappel. Une occasion que l’Agence de développement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) n’a pas manqué de saisir. Cette année, elle a labellisé plus de 3.000 actions dans l’Hexagone pour 740 porteurs de projets (des entreprises, des administrations et des associations).
 
5 types d’action se dégagent au niveau européen. Il s’agit du réemploi, de la lutte contre le gaspillage alimentaire (JDLE), de la prévention des déchets de papier, de la réduction du suremballage et du «Clean up day» (2).
 
En matière de réemploi, si l’idée est belle, il reste du chemin à parcourir. «On note que la notion de réemploi n’est pas bien comprise. Seulement 1 Français sur 4 sait ce que cela signifie. Dans le cadre de notre campagne de communication, nous préférons parler de don, de vente et d’achat d’occasion», tempère Marie Hervier-Collas, ingénieure Environnement au service Filières, REP et recyclage de l’Ademe.
 
Concrètement, le réemploi représente la seconde vie d’un produit. Il existe en effet de nombreuses alternatives à la poubelle: le donner à une ressourcerie (3), l’échanger sur un site de troc, le vendre lors d’un vide-grenier, sur un site spécialisé ou à un dépôt-vente, ou encore le faire réparer.
 
Le réemploi regroupe plus de 1.800 structures en France, le plus souvent issues de l’économie sociale et solidaire. Ce sont les centres Emmaüs ou les ressourceries, qui se développent, à l’image de la création du premier réseau parisien, annoncé le 22 novembre par François Dagnaud, adjoint au maire en charge du traitement des déchets (4).
 
Voilà pour la théorie, car en pratique le réemploi fait de la résistance. 7 Français sur 10 ont certes déjà acheté au moins un produit d’occasion mais, à l’heure du tout jetable, ils boudent encore ces structures. «Les lieux de réemploi, les dépôts-ventes et les magasins spécialisés ont moins de succès que les sites internet d’achat de particulier à particulier ou les vide-grenier», reconnaît Marie Hervier-Collas. Selon elle, «cette situation est due à la facilité de vente permise par internet mais aussi à la conjoncture économique actuelle. Les gens préfèrent gagner un peu d’argent en cherchant à vendre les produits qui peuvent encore servir. Les structures de réemploi font donc face à une diminution de la qualité des dons. Elles sont aussi confrontées à d’autres problèmes comme une méconnaissance de leur structure par le public». Si le produit n’a pas la chance de finir sur leboncoin.fr, il est bon pour la placard, ou la poubelle...
 
Quant à la réparation, l’activité n’est pas plus enthousiasmante. Le secteur accuse une crise. «On constate une baisse de 17% du nombre d’entreprises en seulement trois ans, entre 2006 et 2009», note Marie Hervier-Collas. Les produits blancs, c’est-à-dire les frigos, les lave-vaisselle et les appareils de cuisson forment des produits de plus en plus complexes, parfois difficiles à réparer. Pour les produits bruns, comme les téléviseurs, les lecteurs DVD ou la hi-fi, le coût de la réparation apparaît souvent trop élevé pour le consommateur. Les entreprises pratiqueraient-elles des tarifs prohibitifs ? Il y aurait aussi dans ce domaine un seuil psychologique. «Si le devis de réparation dépasse environ le tiers du prix initial du produit, celui-ci est rarement accepté par le client», affirme Marie Hervier-Collas. La société (de consommation) n’est pas encore prête à pratiquer le réemploi…
 
(1) Il s’agit de la production de déchets municipaux dans l’Union européenne à 27. En France, la moyenne est plus faible: 390 kg/an/hab.
(2) Le Clean up day est une journée de nettoyage pendant laquelle les participants ramassent les déchets jetés dans des décharges illégales, en pleine nature ou en zone urbaine.
(3) Le réseau national des ressourceries a un site internet: http://www.ressourcerie.fr/reseau/
(4) Ce réseau comprend pour l’heure un seul établissement, l’Interloque (XVIIIe), mais il sera rejoint en 2012 par 4 nouveaux espaces (dans les Xe, XIe et XIXe). Deux projets sont par ailleurs à l’étude dans le IIe et le XXe.


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