Selon une étude danoise, le téléphone mobile n’augmenterait pas le risque de cancer

Le 21 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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En mai dernier, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avait estimé que l'usage des téléphones mobiles était «peut-être cancérogène pour l'homme» (voir JDLE). Les experts réunis par le Circ avaient alors analysé toutes les études sur le sujet, dont certaines montraient un risque accru de gliome, c’est-à-dire un type de cancer du cerveau.

En 2010, le nombre d'utilisateurs du téléphone mobile s’élevait à 5 milliards dans le monde, à qui les autorités sanitaires suggèrent régulièrement d'utiliser les textos et les kits mains libres pour réduire l'exposition.

Une récente étude danoise menée sur 18 ans et publiée jeudi 20 octobre dans la revue British Medical Journal montre, quant à elle, que l'usage sur la durée d'un téléphone mobile n'augmente pas le risque de cancer du cerveau. Cette enquête vient donc contredire les résultats du Circ.

L'équipe conduite par Patrizia Frei, de la Société danoise du cancer, a suivi une cohorte de 358.403 abonnés à un service de téléphone mobile. En fait, elle prolonge jusqu'en 2007 une enquête débutée en 1990 et qui s’était arrêtée en 2002. Cette première partie avait déjà fait apparaître une absence d'accroissement du risque de cancer pour une exposition prolongée pour des sujets âgés de 30 ans et plus.

Les nouvelles données collectées fournissent un échantillon beaucoup plus large d'utilisateurs longue durée. Cependant, l’étude est uniquement basée sur l’examen de données informatiques collectées dans les registres de santé danois. Les scientifiques n’ont pas directement interrogé les membres de la cohorte.
 
Chez les 358.403 personnes suivies, 10.729 cas de tumeurs du système nerveux central ont été recensés –5.111 chez des hommes et 5.618 chez des femmes-, mais à peu près autant chez les abonnés que chez les autres.
 
Inconvénient majeur de l’étude, elle ne tient compte que des personnes abonnées individuellement, sans inclure celles ne disposant que d'un téléphone mobile professionnel, classées comme non-utilisatrices du mobile. Comment savoir alors si les non-utilisateurs ayant été recensés comme malades de tumeurs n’utilisent pas de manière intensive un téléphone mobile au travail?
 
Autre problème, la durée quotidienne d'utilisation du téléphone n'est pas connue, les abonnés n'ayant pas été interrogés.
 
Les chercheurs n'excluent pas à cet égard qu'une augmentation du risque apparaisse chez les très gros utilisateurs, pour une utilisation de plus de 15 ans, ce qui pourrait être l'objet d'études ultérieures.
 
Enfin, l’étude fournit peu d’informations sur l’exposition des enfants puisque la cohorte ne comprend que des personnes au dessus de 30 ans. Or l’usage du téléphone mobile se développe rapidement chez les adolescents et les plus jeunes.
 
 


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