Selon le WWF, la qualité des eaux pèche aussi par défaut de mesures

Le 17 octobre 2011
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Après trois ans d’étude, l’association environnementale WWF a rendu public, le 14 octobre, son rapport sur la qualité des eaux en France. L’étude conclut à une insuffisance chronique des protocoles de mesure qui sous-estiment, voire ignorent selon les cas, certains polluants.

 

Il est impossible d’obtenir une bonne mesure avec de mauvais outils. C’est, en substance, le reproche formulé par le WWF France concernant les données sur la qualité des eaux disponibles en France. Son étude, rendue publique le 14 octobre, identifie trois problèmes majeurs : «la dramatique insuffisance des substances recherchées, la faiblesse de certains protocoles de mesure –en particulier pour les micropolluants-, et l’inadaptation de certaines méthodes d’analyse». Elle prend notamment pour exemples les bilans officiels publiés par l’Institut français de l’environnement (Ifen) sur les pesticides présents dans les eaux et remarque que certaines données de 2001 et de 2002 ont été supprimées dans les rapports ultérieurs.
 
Hélène Roche, présidente du Comité scientifique, estime que «l’on va ainsi pouvoir officiellement déclarer que certaines rivières sont en bon état chimique, alors qu’elles sont contaminées par des substances dont les protocoles de mesure sont mal codifiés ou par des molécules qui ne sont tout simplement pas prises en compte, les PCB par exemple».
 
Plus qu’une simple critique des données publiques existantes, le WWF a souhaité créer une base d’information indépendante. Disponible sur le site internet http://eau-evolution.fr/, elle rassemble des données, des outils d’analyse et des éléments graphiques. Elle propose notamment des cartes de qualité des rivières qui évaluent la quantité de phosphates, de nitrates, de métaux (zinc, plomb, cadmium, nickel, mercure, chrome) contenus dans l’eau, tout en détaillant sa méthode d’analyse.
 
Afin que les données officielles soient plus pertinentes, l’association présente enfin plusieurs recommandations. Elle souhaite que l’Etat réponde à ses remarques sur les dysfonctionnements, qu’il crée une commission d’enquête parlementaire, qu’il révise les protocoles de surveillance, qu’il réforme la gouvernance de l’eau en créant un 4e collège représentant la société civile, et qu’il mette en place un Observatoire indépendant de la qualité de l’eau, sur le mode du Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid).
 
Stéphanie Senet


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